Les conseils d’une maman Yoda au moment des devoirs

Tandis que je suis en train de travailler sur la table de la salle à manger, mon fils fait ses devoirs à côté de moi. Il jongle entre son ordinateur et son cahier de textes, visiblement débordé. Très vite, il s’énerve, et quand il perd ses moyens face à la somme de travail que ses professeurs lui demandent, les larmes lui montent aux yeux. Je l’observe, sans mot dire, et je me demande : quelle vision a-t-il des devoirs scolaires ? Et plus généralement, du travail ? En tant que professeur, j’ai toujours défendu ma lanterne. Je ne demandais pas de travailler mais d’apprendre. Pour moi, les devoirs étaient un moyen de faire progresser mes élèves, de consolider les apprentissages. Jolie formule, n’est-ce pas ? En tant que maman, à raison de 4 exercices de maths après chaque cours, deux évaluations par semaine à préparer, des cours à relire et des définitions à mémoriser, je dois le reconnaître : mon fils n’apprend rien, il travaille. Enfin… il essaie, noyé dans ses angoisses, perdu dans son bureau numérique, écrasé par le stress. Je décide alors de saisir l’opportunité de cette situation de crise pour lui parler des devoirs, et de l’attitude à adopter. Comme il est fan de Star Wars, je me voûte et prend la voix de Maman Yoda.

Oublier le mot « devoir » tu dois

Paradoxal, n’est-ce pas ? Et pourtant, c’est bien là le seul recours. Le mot devoir te semble lourd, c’est une obligation, tu te sens contraint. C’est normal : on te dit que tu DOIS, on te dit ce qu’il FAUT faire. Et toi, tu préfères faire ce que tu VEUX.

Mais si tu es honnête avec toi-même, tu sais, au fond de toi, que tu as BESOIN de faire tout ce travail :

  • pour apprendre, sans doute ;
  • pour ne pas avoir de punition, c’est certain ;
  • pour progresser et te sentir fier de toi, et c’est la meilleure raison !

Et puis, projette-toi au moment de l’évaluation : imagine que tu n’as pas fait ce qu’il fallait pour réussir. Imagine ton angoisse. Tu n’aimes pas vivre cela ! Et tu as bien raison ! Alors, évite ce mauvais moment, et prépare maintenant ce qui va se passer de bien plus tard. Cela ne veut pas dire que tu réussiras tout, oh non. Mais tu auras au moins la satisfaction d’avoir fait de ton mieux, et fait tout ce que tu pouvais faire. Et ça, pour le moral, c’est important.

Si tu ne penses pas à DEVOIR travailler, mais à AVOIR BESOIN de travailler, tu auras le sentiment de faire les choses pour toi. Tu ne répondras pas aux exigences de tes professeurs mais tu t’occuperas de ta réussite. Et tu VEUX y arriver… N’est-ce pas ?

Aimer le travail scolaire tu pourras, si…

Le sens tu trouves

Les choses à faire s’éparpillent sur les pages de ton agenda. Tu as de quoi t’occuper pour un moment, et tu as l’impression de ne jamais en finir. Après tout, c’est vrai : à chaque jour qui passe, on te rajoute des exercices, des leçons, etc. Je reconnais que c’est assez désagréable de ne jamais voir le bout des choses. C’est assez décourageant… C’est plus simple cependant quand on sait pourquoi on fait les choses.

Parfois, tu trouveras une utilité à tes apprentissages. Parfois, je pourrai te dire en quoi ces connaissances sont utiles au quotidien. Parfois, on aura du mal tous les deux à identifier la nécessité de ce qu’on te demande d’apprendre. C’est normal : tu n’es pas une machine, tu n’es pas une bête de somme. Tu ne fais pas que des choses utiles à l’école, parce que tes professeurs veulent plus pour toi. Ils veulent que tu découvres le monde. Quand tu seras à l’âge d’apprendre un métier, les cours seront bien plus pratiques et spécialisés. Mais ce n’est pas encore temps. Pour devenir celui que tu voudras devenir, tu dois d’abord explorer le monde du savoir. Sans doute oublieras-tu la majeure partie de tes découvertes actuelles, mais quelque part, dans ton cerveau, il en restera quelque chose.

Rappelle-toi, jeune Padawan, que la Force est invisible, mais elle est partout. Et pour le Sens, c’est bien pareil.

De l’aide tu demandes

Pourquoi rester seul à t’arracher les cheveux sur ton devoir de physique ? Qui a dit qu’apprendre était facile ? Qui a dit qu’on doit forcément faire les choses seul ?

Tu me réponds que tu « dois devenir autonome ». C’est vrai. Mais l’autonomie n’est pas la solitude. Être autonome, cela veut dire savoir demander de l’aide justement ! Pas tout de suite, pas n’importe quand. Au contraire, être autonome, c’est savoir quand et à qui demander de l’aide. Il n’y a aucune honte à demander de l’aide. Ceux qui n’apprennent pas à le faire, souvent, souffrent quand ils sont adultes. Parce qu’on ne s’en sort pas toujours seul. Parce qu’on va plus loin quand on est ensemble.

Je ne vais pas faire ton travail à ta place. Tout le mérite te reviendra, promis. Je vais peut-être même chercher de l’aide pour toi, un cours en ligne, un professeur particulier, que sais-je… Même moi, je demande de l’aide quand j’en ai besoin. Et il n’y a aucun problème à cela.

Souviens-toi, futur Jedi, que depuis mon vaisseau, je peux t’aider à piloter le tien, en assurant tes arrières en cas d »attaque.

De l’organisation tu fais preuve

En t’organisant bien, tu pourras travailler moins. Ça vaut le coup, n’est-ce pas ? Tu sais, on perd beaucoup de temps en n’anticipant pas. Je pourrais te donner bien des exemples au quotidien de cette vérité. Regarde-moi : je fais toutes les courses de la semaine en une heure, le vendredi. Si je ne le faisais pas, je passerais 30 minutes par jour au supermarché pour acheter le repas du soir. Imagine le temps perdu ! (et l’argent !)

C’est le même principe avec tes devoirs. Ne passe pas trop de temps sur ton écran à regarder le bureau numérique et paniquer sur la tonne de devoirs. Prends cinq minutes pour copier sur un papier ta to-do list ce que tu dois faire ce soir, puis éteins ton écran. Ensuite, fixe-toi des objectifs de délai. Combien de choses as-tu à faire ? À combien de temps estimes-tu chaque exercice ? À quelle heure penses-tu pouvoir finir ? Maintenant, choisis l’ordre d’action. Tu préfères commencer par le plus pénible ou le plus facile ? C’est à toi de choisir le déroulement de la bataille.

Apprends, futur Jedi, à mettre ton intelligence au service de ta paresse !

Croire en toi t’aidera

Que la Force t’accompagne jeune Padawan. La Force est grande en toi, apprends à la sentir et à la contrôler. Garde ton calme, tempère tes émotions. La liste des choses à faire est longue, la tâche te semble énorme, je le comprends. Mais si tu découvres que tu es capable, alors ton énergie tu déploieras.

Ne laisse pas parler les petites voix négatives dans ton esprit, elles te déconcentrent. Les héros aussi ont peur. Ce qui compte, c’est d’apprendre à taire les doutes sur toi-même, et à faire. La sérénité repose dans les choses accomplies, mon petit chevalier.

Luke se désespère quand il voit son vaisseau noyé dans le marécage parce qu’il est persuadé que c’est impossible de l’en sortir. Maître Yoda lui prouve le contraire. Tout est toujours question de perspective, lui explique-t-il un peu plus tard. Luke échoue parce qu’il ignore ses pouvoirs, et, surtout, parce qu’il ne sait pas les utiliser. Mais il finit par y parvenir. Tu y arriveras toi aussi, car c’est possible. Tu as besoin d’entraînement, c’est tout !

Apprécier la difficulté tu te verras

C’est à la difficulté de l’épreuve qu’on mesure la valeur du héros. Si la tâche était trop simple, tu serais tout simplement vexé ! Imagine que tes professeurs ne te demandent rien que tu ne saches déjà faire. Quel ennui ! Franchement, cela ne présenterait absolument aucun intérêt pour toi !

Par ailleurs, la satisfaction du travail accompli, de l’épreuve surmontée, de la difficulté résolue… c’est elle que tu dois viser. C’est ce sentiment d’avoir tout fait pour passer les épreuves qui va gonfler ton estime de toi. C’est bien grâce à ce sentiment de fierté que tu vas grandir droit.

Eurêka s’écria Archimède : j’ai trouvé ! Quel plaisir de résoudre un problème. Il se passe quelque chose de bref mais intense en nous, qui agit comme un médicament. (Je crois même que les chercheurs sont accros à cette drogue, cette fraction de seconde où le monde devient clair, où tout semble évident.) Apprécie cette joie à chaque fois que tu termines quelque chose. Pense à elle quand tu as du mal à te mettre au travail, car elle est ta récompense. Elle est une pierre dans la construction de ta personne. Il faut la valoriser. Les personnes qui manquent de confiance en elles ont des briques invisibles, ils ne savent pas les regarder. Choisis la couleur de ton Eurêka et fonde le mur sur lequel tu pourras t’appuyer quand tu auras un plus grand combat à mener.

Mon fils sèche ses larmes, boit un verre d’eau, sa respiration ralentit. Bientôt, il se remet au travail. Maman Yoda a gagné. Ce n’est pas évident d’aider son enfant, de garder le recul et la bienveillance dont il a besoin. Maître Yoda d’ailleurs désespère parfois, et il a besoin que Obi Wan insiste pour qu’il continue d’assurer la formation du jeune et impétueux Luke. Je crois que les parents peuvent être d’excellents maîtres, et les meilleurs sans doute, à condition de se comporter comme ce petit bonhomme vert et voûté, et de laisser parler la sagesse plutôt que l’appréhension. Alors, quels sont vos mots de parent Yoda à vous au moment des devoirs ?

La réussite scolaire : un enjeu pour le parent aussi

Le terme de réussite scolaire est tellement galvaudé qu’on ne s’interroge pas assez sur ce qu’il signifie vraiment. Votre enfant a-t-il réussi sa sixième ? A-t-il réussi le lycée ? Mais au fait, « réussir sa scolarité », qu’est-ce que cela veut dire ?

Comme le revers d’une médaille, le terme de « réussite » en cache un autre : celui d’échec. D’ailleurs, l’échec scolaire, on se fait tous à peu près une idée claire de ce que cela signifie. Un élève en échec est un élève que Philippe Meirieu appelle « hors-jeu » : il n’est plus en difficulté (les difficultés se résolvent), il est carrément « décroché » du système, sorti de la relation classique et espérée de l’élève à l’institution.

Réussir l’école serait donc :

  • en comprendre les règles ;
  • jouer le jeu ;
  • y gagner quelque chose.

Réussir l’école se résume bien souvent à avoir de bonnes notes

Seulement la note, on lui accorde la valeur que l’on veut ! Enseignante, je me suis aperçue que je cherchais les points dans la conception de mes évaluations, et modifiais mon barème (et donc la valeur de chaque exercice) pour parvenir à cette fameuse note ronde, sur 10 ou sur 20. « La question 2 vaudra 2 points, et la question 3 seulement une… comme ça j’arrive à 20 ». Quand on sait cela… la note de l’élève ne veut plus dire grand chose.

Pensons aussi aux « coefficients » du bac : pour un même effort, on n’obtient pas la même récompense. Un 12/20 coefficient 2 n’a pas la même valeur qu’un 12/20 coefficient 7 : c’est pourtant la même note. Voilà pourquoi je suis passée aux évaluations sur 6, sur 12 ou 27, et aux compétences … Mais mes élèves et leurs parents s’y perdaient un peu…

C’est que les notes sont en réalité un moyen traditionnel et pratique pour comprendre où en est notre enfant. Les établissements qui sont passés à l’évaluation sans notes le savent bien : on ne peut pas supprimer les notes sans accentuer le dialogue avec les parents. Les notes sont toujours considérées comme un moyen de communication entre l’école et la famille, et elles donnent l’illusion d’un traitement égalitaire de tous. Bien des familles comptent sur ces notes pour savoir si l’enfant « réussit » ou non.

Pourtant les notes, on l’aura compris, ne disent pas si l’enfant est « en réussite ». Elles sont seulement un moyen pour nous d’y voir clair dans le « niveau » de l’enfant (par rapport à qui ? à quoi ?), dans son degré d’investissement ou dans ses difficultés. Une note peut se lire de manières différentes. Mais ce qu’une note ne dit pas, c’est si notre enfant a trouvé du sens à ce qu’il a fait, s’il s’est senti bien dans son apprentissage, s’il a su mobiliser des techniques mnémotechniques ou méthodologiques efficaces … Bref la note ne dit pas si l’enfant REUSSIT à être élève.

Le parent redoute les mauvaises notes car il a peur que son enfant soit hors-jeu

Assister à une scène où son enfant est rejeté par les autres enfants, où il s’efface et ne parvient pas à exister, où on le voit souffrir pour être accepté est très difficile à vivre en tant que parent. Je me souviens encore de la rentrée en Angleterre, quand j’ai observé de loin mes enfants seuls dans la cour, isolés par la langue. C’est tellement douloureux quand on est parent de se sentir impuissant. Notre enfant va seul à l’école, et surmonte seul ce rejet. Aussi, quand il reçoit devant tout le monde la copie de maths complètement ratée, et que le professeur fait la petite remarque assassine (peu importe laquelle, toute remarque dans ces situations fait mal), on sait qu’il éprouve une honte. Le seul moyen de l’aider à y échapper : le faire travailler plus à la maison. Au risque de se déchirer.

Je crois qu’à cette peur du rejet s’ajoute inconsciemment la crainte que l’enfant ne trouve pas, plus tard, sa place en tant qu’adulte. On met tellement d’enjeux dans l’école ! Dans une société où les diplômes sont si déterminants, tout parent regarde avec attention la courbe d’apprentissage avec appréhension : jusqu’où ira-t-il ? Voilà pourquoi, dès l’apparition du travail personnel, on devient le « mauvais flic »… malgré les meilleures intentions du monde.

Les parents se sentent jugés dans la façon dont se passe la scolarité de leur enfant

Impossible d’y échapper : la compétition scolaire est réelle. Dès l’entrée en sixième, les enfants apprennent à comparer leurs résultats à ceux des autres. Et quand ils rapportent une note moyenne à la maison, ils nous expliquent que Bidulle ou Untel ont, de toutes façons, obtenu moins. La présentation des relevés de notes sur le bureau numérique nous impose également la comparaison : nous avons la moyenne de la classe, la note la plus basse et la note la plus haute. Quand on voit écrit 19/20 à côté du 13/20 de notre enfant, on SAIT que c’était possible de faire mieux. Cette mesure de l’effort, en points, nous conduit sournoisement à entrer dans le jeu de la concurrence… et à redouter la défaite.

La réussite scolaire chiffrée trahit aussi un besoin du parent d’être reconnu et estimé comme un bon parent : on aime tous être fier de nos enfants, et parfois, comme on aime se reconnaître en eux (« elle a les yeux de papa! »), on se reconnait dans leur réussite. Parfois au contraire, on aime qu’ils réussissent là où nous on avait échoué. Pas de jugement : si on réagit comme cela, c’est qu’on est effectivement jugé dans notre parentalité, et ce depuis les premiers mois (les mamans diront depuis la grossesse!). Alors l’enfant DOIT réussir, sinon c’est le parent qui échoue.

Nos enfants portent donc une lourde responsabilité : réussir à l’école, c’est tout à la fois :

  • obtenir de bons résultats ;
  • être intégré ;
  • rendre fier ses parents.

Que c’est compliqué ! Et comme tout ceci n’importe que si l’enfant se sent bien, se sent progresser, prend plaisir à apprendre !

Réussir à l’école, c’est s’y épanouir…

… comme une fleur qui pousse, comme un arbre qui grandit. L’élève pour réussir a besoin de se sentir bien. Il lui faut de la confiance, de l’amour, et de l’envie. La vraie réussite scolaire ne peut avoir lieu sans ces facteurs psychologiques, et c’est là que nous, parents, nous avons un vrai et noble rôle à jouer. Plus nous aurons à coeur que notre enfant prenne plaisir à apprendre, soit fier de progresser et trouve du sens à ce qu’il fait, plus notre enfant réussira sa scolarité.

Comment aider notre enfant :

  • à apprendre avec joie ?
  • à se sentir motivé et confiant à l’école comme à la maison ?

Après le goûter … on renforce ce que Céline Alvarez appelle les « compétences exécutives » , ce qu’on appelle communément le « apprendre à apprendre« . Il s’agit de la méthodologie, des techniques de mémorisation, mais aussi du rapport de l’enfant au travail scolaire : pugnacité, détermination, courage …

Après le goûter, on intervient comme un pompier après une dure journée, comme un coach quand il y a une évaluation à préparer, comme un membre honoraire de la communauté des anciens élèves qui vient féliciter l’enfant pour les efforts accomplis.

C’est tout l’objet de ce blog. Internet regorge de conseils pour les parents de petits enfants. On a certes beaucoup progressé en matière de parentalité. Mais pour ce qui se passe à l’école, c’est plus complexe. Comme on n’y est pas, on croit qu’on n’y peut rien. Qu’il faut que l’enfant devienne miraculeusement autonome et solide pour affronter le collège et le lycée. Il y a pourtant un moment où nous, parents, pouvons agir concrètement : le moment des devoirs !

La réussite ne se chiffre pas. Elle n’attend pas non plus la fin des études pour être déterminée. On peut voir la réussite de notre enfant dans sa manière de vivre sa scolarité. Un élève qui réussit est un élève qui trouve du sens et du plaisir à apprendre, envisage l’avenir avec confiance, et vit sereinement sa vie d’ado.

Ce blog est le fruit d’une longue réflexion sur la question des devoirs, et je le souhaite aussi utile que possible pour vous accompagner, parents, dans votre rôle de parent d’élève. J’ai envie de partager ma connaissance du système « de l’intérieur » pour vous donner des clefs dans votre approche des devoirs. N’hésitez pas à partager mes articles et à me contacter pour m’exprimer vos besoins.

Les mauvaises résolutions du bon élève

En janvier, à la rentrée, après le premier semestre, trimestre, ou le mauvais bulletin, ça y est, c’est décidé, « oui promis Papa Maman je vais m’y mettre sérieusement ». Les bonnes résolutions intenables sont lancées, et elles risquent surtout de décourager. Je vous explique pourquoi.

Mauvaise résolution 1 : Je vais viser 15/20 de moyenne !

L’idée semble séduisante, et pourtant… Si le point de départ est 8/20, le 15/20 est bien loin ! Il n’est pas efficace sur le long terme de se fixer des objectifs trop élevés : la technique des petits pas est bien plus efficace. On garde bien sûr en ligne de mire le 15 (voire plus d’ailleurs!), mais on concentre son attention sur une première étape plus proche, plus facile à atteindre : le prochain devoir, le prochain mois, et on répète à chaque fois.

Imaginez que vous soyez face à un énorme gâteau à manger : vous en avez envie, vous avez l’appétit. Mais si vous avalez le gâteau en entier, vous allez vous étouffer ! C’est la même chose avec l’effort scolaire -ou non scolaire- : on fractionne les objectifs pour rendre le tout plus digeste. Et à la fin, une part de gâteau à la fois, on a tout mangé et on s’est régalé !

Mauvaise résolution 2 : Je vais travailler tous les jours pendant 3 heures !

Encore une belle idée sur le papier, mais c’est oublier … l’endurance, et l’entraînement nécessaires ! C’est un peu comme un régime, la cigarette, ou toute autre addiction : « demain, j’arrête », oui, oui… mais après-demain je reprends !

Le travail personnel est une question de routine : les habitudes mettent au moins 21 jours à s’ancrer, et les bonnes habitudes viennent remplacer de mauvais habitudes, elles ne s’ajoutent pas.

Quelques astuces pour tenir dans la durée :

  • se fixer des challenges progressifs : 1 semaine de révisions tous les soirs, puis 2 semaines, puis 3 semaines … et à chaque challenge relevé, se récompenser ! Ce peut être décidé en famille : une soirée cinéma avec pop corn, un copain à inviter, un cadeau, pourquoi pas ?
  • se faire un planning de révisions : ajouter à l’emploi du temps scolaire, l’emploi du temps « périscolaire ». Il est important, pour relever le défi, de se fixer les objectifs soi-même, et de choisir un maximum la façon d’atteindre ces objectifs.
  • s’auto-motiver : la motivation se nourrit de compliments, d’encouragements et de félicitations ! Alors autant être son propre coach, et se répéter des mantras positifs dans lesquels on se cajole et on se booste. Par exemple : « je m’aime, je peux y arriver et je mérite de réussir! »
  • mieux se connaître : identifier le moments où je ne travaille pas, où je fais autre chose et observer : qu’est-ce qui m’empêche de travailler ? qu’est-ce qui me distrait ? A partir de ce constat honnête, prendre alors des décisions éclairées : mettre le téléphone sur mode avion, éteindre la télé, fermer la porte de la cuisine pour ne pas entendre le reste de la maison, éloigner tout ce qui capte mon attention et m’empêche de me concentrer.

Je pourrais ajouter des conseils de base : bien dormir, bien manger, faire de l’exercice et s’amuser… mais ceux-là sont valables toute l’année !

Mauvaise résolution 3 : J’arrête de m’amuser et je travaille !

Ouh la … comme elle est belle cette résolution intenable ! Dans le même ordre d’idées, nous avons : j’arrête de bavarder en classe, j’arrête de passer du temps sur les réseaux sociaux, j’arrête de me mêler des histoires de mes copains/copines de classe, etc.

Pourquoi ça ne marche pas ? Parce que ce sont des injonctions négatives. A chaque fois, il s’agit de « ne plus faire », et puis c’est tout ! Or, pour progresser, nous avons besoin d’objectifs positifs, et de remplacer ce qui ne fonctionne pas par quelque chose qui fonctionne.

Alors au lieu de se punir, de s’interdire des comportements ou des actions, il vaut mieux s’autoriser à mieux faire ! Je m’amuse QUAND j’ai fini mes devoirs, je sors QUAND j’ai révisé mes leçons, je regarde mon compte Instagram QUAND j’ai préparé mon évaluation.

Et pour ce qui est des bavardages, une solution simple consiste à mettre une croix dans le calendrier les jours où on n’a pas bavardé : très vite, on va vouloir voir des croix partout. Et pourquoi pas déterminer une récompense au bout de 5, 10, ou 20 croix ?

Pour finir, je vous partage une petite fiche qui récapitule le cercle vertueux de la réussite ! Bon courage à tous et restez motivés !

Le cercle vertueux de la motivation

5 questions à poser à son enfant pour l’encourager à réfléchir sur ses habitudes de travail

Pour mieux travailler, il faut mieux se connaître. Voici les questions que j’aime poser à mes enfants pour les aider à progresser dans leur autonomie. Pour mes élèves, je prends toujours le temps, au début et en cours d’année, de discuter avec eux de leurs habitudes de travail : la fiche à télécharger pourra être utile tant aux parents qu’aux enseignants.

Les 5 questions à poser à son enfant

Voici 5 questions à poser à votre enfant pour l’aider à observer son propre fonctionnement, et prendre conscience de ce qui lui convient et de ce qui ne lui convient pas au moment de faire ses devoirs, apprendre ses leçons, préparer un examen.

1- Où veux-tu travailler ?

Dans la mesure du possible, laissez le choix à votre enfant. A-t-il besoin du calme de sa chambre, ou ce soir a-t-il besoin de plus de compagnie ? Préfère-t-il travailler assis à son bureau, sur une chaise, un tabouret ? Ecrire debout sur un tableau ? Même si votre enfant a une routine, montrez-vous flexible, afin de lui apprendre qu’on n’a pas toujours besoin des mêmes conditions pour être efficace.

2- De combien de temps as-tu besoin ?

Apprenez à votre enfant à planifier son travail, à évaluer ses besoins et à se fixer des objectifs raisonnables. Soyez sa montre au cours de sa session de travail, non pas pour lui mettre de la pression inutile mais au contraire pour l’encourager à rester concentré. Mais si la tâche est plus importante que ce qu’il avait imaginé, encouragez-le à rester positif (« ce n’est pas grave si tu as besoin de plus de temps ») et à comprendre pourquoi il ne peut pas respecter le temps qu’il s’était imparti (« est-ce qu’il y a quelque chose que tu n’avais pas prévu ? qu’est-ce qui te prend plus de temps finalement et pourquoi ? »)

3- Quels sont tes objectifs ?

Il est important que l’enfant formule (à voix haute ou par écrit) ce qu’il a à faire. Ce n’est pas parce qu’il a noté son travail sur son agenda que cela suffit à son organisation. Proposez-lui de faire une to-do-list, ou une carte mentale qui permette d’organiser son travail si votre enfant préfère une présentation moins linéaire (pour certains, l’effet liste est plus angoissant qu’autre chose). Cela peut aussi se faire de façon plus ludique : une tâche par post-it, et on décolle les post-it à mesure que le travail avance : cela lui permettra de mieux visualiser sa progression (j’ai aussi utilisé les Kapla avec mon fils, on ajoutait un bâton par exercice, et à la fin de la séance, il pouvait faire s’écrouler la tour dans un grand geste)

4- De quoi as-tu besoin ?

Votre enfant doit apprendre à mobiliser ses ressources, tant matérielles que mentales. Pour cela, questionnez-le sur les outils dont il a besoin pour réaliser le travail qu’il a à faire. Le rôle premier et pratique du parent, c’est déjà de s’assurer que son enfant a sa trousse pleine, des piles dans sa calculatrice, etc. Vous pouvez aussi ajouter des ressources supplémentaires comme des outils de révision : des cahiers de révision, des objets pour vérifier ses multiplications etc. Et puis il y a les ressources mentales : dans un problème de mathématiques par exemple, « de quoi as-tu besoin » peut appeler la réponse « de savoir poser une division », pour une rédaction, « d’utiliser le vocabulaire qu’il y a sur mon cahier », etc. En posant cette question, vous montrez à votre enfant qu’il a des ressources, et que s’il ne les a pas, il sait où les trouver. (A ce propos, les enfants ont tendance à négliger leur ressource numéro 1 : le manuel !)

5- Comment te sens-tu ?

Cette question arrive en 5e position, et pourtant… c’est sans doute la première à poser ! Après une journée d’école, avant de rappeler à « ses devoirs » votre enfant, rappelez-lui que vous êtes là pour lui, que vous êtes à son écoute, et que vous êtes là pour l’encourager. Quand on arrive sur notre lieu de travail, nos collègues, avant de nous indiquer ce que l’on doit faire d’urgent, prennent le temps, et heureusement, de nous saluer et de nous demander comment on va ! Nos enfants eux aussi ont besoin qu’on s’intéresse à leur état. Et un enfant qui ne se sent pas bien ne travaille pas bien. Il vaut mieux parfois négocier un temps de repos, ou organiser autrement le temps de travail pour répondre mieux à leurs besoins. Vous pouvez par exemple morceler le temps de travail et octroyer des pauses, puis un temps rien qu’à eux (ou avec vous c’est encore mieux!) pour se féliciter des efforts faits !

Téléchargez gratuitement cette fiche à colorier !

Les 6 besoins essentiels de mon enfant pour faire ses devoirs

Voici une recette. Comme toutes les recettes, elle s’ajuste aux goûts et à la personnalité de chacun. Cependant, quand il s’agit de faire faire les devoirs, et que l’élève a le devoir de bien les faire, il n’est pas inutile de se rappeler les bonnes astuces pour aider votre enfant/ado à apprendre à apprendre. Parce que même si on improvise l’accompagnement des devoirs, comme en cuisine, il reste toujours des ingrédients de base à ne pas oublier !

Ingrédient 1 : de la confiance en soi

L’image que votre enfant se fait de lui-même est déterminante dans son apprentissage. Sans confiance en soi, on se projette dans l’échec plutôt que dans la réussite, et on reste bloqué dans ses difficultés. Pour développer la confiance en soi de votre enfant, privilégiez (et ce à n’importe quel âge) le jeu. Le jeu (de plateau, de rôle, le sport…) permettent à l’enfant de se dépasser et de mesurer à quel point les efforts payent : parfois cela vient tard, mais cela paye toujours ! Jouer avec vous permet à votre enfant de se sentir estimé (« si tu joues avec moi c’est que tu penses que je peux gagner »), de vous observer dans l’effort et la difficulté, de comprendre qu’on n’abandonne pas quand on n’est pas le premier, etc. Pour développer sa confiance en soi, il y a aussi les mots qui font du bien : rappeler à son enfant qu’on lui fait confiance est déjà très important (et s’il vous répond que lui n’a pas confiance en lui, alors la conversation sera entamée!)

Ingrédient 2 : du confort

Je veux vous parler de confort physique comme de confort psychologique. Votre enfant a besoin de se sentir bien dans son corps et dans son coeur pour bien travailler. Il a besoin d’un espace de travail rangé, harmonieux, dans lequel il ne se sent ni oppressé ni perdu, dans lequel il se repère et se sent bien. Votre enfant a aussi besoin de sentir qu’on l’aime, qu’on n’est pas fâché, qu’il a le droit à l’erreur, qu’on ne veut pas le « piéger », et qu’il est encouragé : apprendre n’est pas une punition. Pour cela, le temps avant le goûter est très important ! C’est un peu comme avant de monter sur scène : les acteurs doivent se chauffer… Peut-être qu’un jeu de rôle, ou une bonne discussion, pour se mettre dans de bonnes conditions sont nécessaires à la mise au travail…Chez moi, on invente un scénario quand la motivation n’est pas là : il est le président de la République et a plein de dossiers à traiter, il est un chercheur et il a des formules à trouver…

Ingrédient 3 : du temps et de la patience

Rome ne s’est pas fait en un jour… Votre enfant a besoin qu’on lui laisse le temps de se tromper, puis de comprendre ses erreurs. Il a besoin d’apprendre à ne pas renoncer, à chercher en lui et autour de lui les ressources qui lui manquent. Il a besoin d’un bon modèle : un modèle de patience. Souvent, à l’ère du tout tout de suite, les enfants ne supportent pas de ne pas obtenir de résultat de façon immédiate. Voilà pourquoi ce peut être utile de faire visualiser les étapes de l’apprentissage : ce n’est pas une ligne droite.

Je vous conseille la « technique des petits pas », et surtout de l’expliquer à votre enfant : l’image peut être adaptée à chacun. Par exemple, pour les fans de Lego, on peut évoquer les étapes dans la construction d’un château, pour les amateurs de charcuteries, rappeler qu’on ne peut pas avaler d’un coup le saucisson mais qu’il faut le couper en plusieurs tranches pour le finir (personnellement je choisis l’image de la tablette de chocolat que je dévore morceau par morceau !). Bref, vous l’avez compris : fractionnons l’effort, et comme on savoure chaque carré de chocolat, savourons chaque petite victoire !

Ingrédient 4 : de la bienveillance

La bienveillance est dans l’attitude que l’on a vis-vis de soi et des autres, la bienveillance est dans l’intention que l’on a dans chacun de nos gestes et chacun de nos mots, la bienveillance est dans la douceur que l’on déploie. La douceur, c’est la non-violence. Je ne peux que vous conseiller de vous intéresser à la communication non violente : vous découvrirez que souvent, quand on croit bien faire et bien dire, on sape la relation que l’on essaie de construire avec son enfant. La bienveillance, c’est aussi les encouragements, les compliments, les câlins ! Encourager, c’est dire haut et fort qu’on croit en l’autre, qu’on lui fait confiance, et s’interdire les reproches (toutes ces formules en « oui…mais…, c’est bien…mais… »). On ne dit que ce qui est gentil, utile, et valorisant !

Ingrédient 5 : des bons outils

C’est un peu comme si vous vouliez fabriquer un meuble sans outils, cuisiner sans ingrédients, etc. Les outils doivent toujours être à disposition, et votre enfant a besoin de savoir où les trouver.

Les outils sont variés : les connaissances (ce qu’il sait déjà – qu’il s’agisse des informations dans la consigne ou de ses savoirs), le matériel (le bon cahier, le compas…), les supports pédagogiques (la fiche des verbes irréguliers en anglais, celle sur les multiplications…) et enfin les ressources mentales (tous ces petits conseils qu’il est toujours bon de répéter afin d’assurer un état d’esprit positif et flexible).

Pensez bien à rappeler à votre enfant qu’il a des ressources, et encouragez-le à se les rappeler à voix haute en posant la simple question : pour ce travail, de quoi as-tu besoin ?

Ingrédient 6 : de bonnes habitudes

Je ne dirai jamais assez l’importance de la routine. Non pas de la répétition, mais bien de la routine de travail. Il s’agit de prendre de bonnes habitudes, et pour cela, se fixer un challenge de 3 semaines minimum peut se révéler être une bonne stratégie. D’abord, parce qu’on peut compter les jours d’efforts sur un calendrier, ensuite parce qu’il faut bien 21 jours pour ancrer une bonne habitude dans le temps.

Il peut s’agir : de lire dix minutes chaque soir avant de dormir, de réviser son vocabulaire d’allemand tous les soirs pendant quelques minutes… et surtout, de prendre le temps de « faire ses devoirs » même s’il n’y a rien d’écrit sur l’agenda. Je le recommande particulièrement aux parents de collégiens qui savent très bien cette rengaine « j’ai rien à faire pour demain ! » et qui découvrent toujours à la dernière minute qu’il y avait un exposé à préparer depuis deux semaines ou une évaluation annoncée il y a un mois…

Accompagnons nos enfants dans cette routine du travail personnel, et profitons surtout de ces jours où « il n’y a rien à faire » pour leur apprendre à s’organiser, à planifier, à réviser, à faire du tri dans leurs affaires, à apprendre à apprendre !

J’espère que cette petite recette vous a plu ! Je mets ma passion pour la pédagogie à votre service, et vous invite à suivre mon blog pour toujours plus de conseils pédagogiques simples et efficaces.