Votre ado est-il fainéant … ou trop ambitieux ?

Parfois les adultes font de graves erreurs de diagnostic. Si l’élève a de faibles résultats, c’est qu’il ne travaille pas assez. Point. On lui reproche de ne pas se donner les moyens. On a vite fait aussi de le qualifier de « fainéant ». Et si c’était autre chose qui l’empêchait de travailler ? Avez-vous déjà entendu parler de l’angoisse de performance ?

Qu’est-ce que l’angoisse de performance ?

S’il est normal d’appréhender un examen, une évaluation car on a peur d’échouer, certains au contraire ont peur de ne pas réussir. Saisissez-vous la nuance ?

L’élève se fixe des objectifs de réussite trop élevés, il ne s’accorde pas le droit à l’erreur. Pour lui, perdre un point, c’est rater le contrôle. Il ne connaît que deux alternatives : briller ou échouer.

Il y a de fait une disproportion entre l’objectif à atteindre, et ce que l’adolescent exige de lui-même. Deux cas de figure sont à distinguer :

  • l’objectif est réellement hors de portée, et l’adolescent en a conscience ;
  • l’objectif est largement atteignable, mais l’adolescent ne s’en aperçoit pas.

Dans le premier cas, la marche est trop haute, et votre enfant se décourage. Concrètement, il se sent démoralisé par l’ampleur de la tâche et préfère renoncer plutôt que d’affronter la difficulté.

Dans le second cas, la marche est au bon niveau, mais votre ado a l’impression d’être une fourmi face à la Tour Eiffel. Vous le verrez alors perdre ses moyens pour des tâches que vous l’avez pourtant déjà vu accomplir. Pour vous, c’est un peu comme s’il fuyait devant le danger. Et on a vite fait de s’entendre dire : « franchement, tu pourrais faire un effort ! ».

Quand s’inquiéter ?

Pas de diagnostic médical ici, bien sûr. Il ne s’agit en aucun cas non plus de tirer des conclusions alarmistes. Je tiens simplement à vous inviter à observer le comportement de votre enfant face à la tâche scolaire. Si l’attitude de votre enfant vous inquiète, il faut consulter. L’anxiété de performance peut constituer un frein à l’apprentissage. C’est un trouble mental qu’il faut prendre au sérieux.

Cependant, sans établir que votre enfant souffre d’angoisse et vous précipiter sur Doctolib pour prendre un rendez-vous demain chez un psychologue, vous pouvez tout à fait repérer des moments d’angoisse sur lesquels vous pourrez agir (je vous explique comment juste après !).

Si votre adolescent :

  • a tendance à procrastiner et en même temps vouloir tout contrôler ;
  • se fixe des objectifs beaucoup trop hauts ;
  • se préoccupe excessivement de ses notes ;
  • est convaincu qu’il va échouer ;
  • est paralysé face à la perspective du jugement…

c’est qu’il a besoin d’aide.

Comment réagir face au stress scolaire ?

Tout est question de mesure. Si les crises d’angoisse vous semblent pathologiques, il vaut mieux demander l’avis d’un spécialiste. La thérapie cognitive et comportementale semble la plus adaptée. Elle aidera votre adolescent à surmonter les troubles quotidiens qui y sont liés (troubles du sommeil, de l’alimentation, TOC, etc.)

Mais si ce stress est exclusivement scolaire, le coaching peut être un bon recours. Et je crois que les parents peuvent être de bons coachs ! (C’est tout l’objet de ce site d’ailleurs : trouver sa bonne place en tant que parent d’adolescent, et l’accompagner sereinement dans sa scolarité).

Alors, comment dédramatiser sans minimiser l’angoisse ?

  • en valorisant l’échec : sans erreur, on n’apprend pas ;
  • en observant de façon objective les conséquences d’un ratage : on ne redouble pas parce qu’on n’a « que » 13/20 en histoire (c’est du vécu !) ;
  • en encourageant les efforts : insistez sur ceux déjà faits, notamment dans les domaines de compétence (exemple : au début, en VTT, tu te fatiguais vite. Maintenant, à force d’entraînement, tu peux rouler 25 km sans souci !) ;
  • en découpant le travail en petites parts : on n’avale pas un gâteau entier d’un coup, on l’avale morceau par morceau !

Les mots que vous allez employer auront une grande incidence sur le comportement de votre adolescent. Ce n’est pas parce qu’il est plus grand qu’il n’a pas besoin d’encouragements fréquents. Vous l’avez aidé à grandir à force de compliments : « tu as lassé tes chaussures, c’est bien ! Je suis fier de toi ! ». Alors continuez ! Renforcez son sentiment de compétence, sans aller dans le sens de la compétition qui le ronge déjà à l’intérieur. Evitez « je sais que tu vas y arriver », « tu peux le faire » et toutes ces petites phrases qui augmentent la pression de la réussite. Préférez des phrases plus simples : « je suis derrière toi », « je crois en toi », « tu n’es pas seul.e », « j’ai confiance en toi, quoi que tu fasses ».

Vous l’aurez compris, votre rôle n’est pas de dire « tu stresses pour rien », mais de remettre la peur à sa juste place. L’appréhension de votre adolescent est disproportionnée, il ne faut pas le négliger. Elle cache aussi une envie de réussir très forte : et ça, c’est plutôt positif !

La réussite scolaire : un enjeu pour le parent aussi

Le terme de réussite scolaire est tellement galvaudé qu’on ne s’interroge pas assez sur ce qu’il signifie vraiment. Votre enfant a-t-il réussi sa sixième ? A-t-il réussi le lycée ? Mais au fait, « réussir sa scolarité », qu’est-ce que cela veut dire ?

Comme le revers d’une médaille, le terme de « réussite » en cache un autre : celui d’échec. D’ailleurs, l’échec scolaire, on se fait tous à peu près une idée claire de ce que cela signifie. Un élève en échec est un élève que Philippe Meirieu appelle « hors-jeu » : il n’est plus en difficulté (les difficultés se résolvent), il est carrément « décroché » du système, sorti de la relation classique et espérée de l’élève à l’institution.

Réussir l’école serait donc :

  • en comprendre les règles ;
  • jouer le jeu ;
  • y gagner quelque chose.

Réussir l’école se résume bien souvent à avoir de bonnes notes

Seulement la note, on lui accorde la valeur que l’on veut ! Enseignante, je me suis aperçue que je cherchais les points dans la conception de mes évaluations, et modifiais mon barème (et donc la valeur de chaque exercice) pour parvenir à cette fameuse note ronde, sur 10 ou sur 20. « La question 2 vaudra 2 points, et la question 3 seulement une… comme ça j’arrive à 20 ». Quand on sait cela… la note de l’élève ne veut plus dire grand chose.

Pensons aussi aux « coefficients » du bac : pour un même effort, on n’obtient pas la même récompense. Un 12/20 coefficient 2 n’a pas la même valeur qu’un 12/20 coefficient 7 : c’est pourtant la même note. Voilà pourquoi je suis passée aux évaluations sur 6, sur 12 ou 27, et aux compétences … Mais mes élèves et leurs parents s’y perdaient un peu…

C’est que les notes sont en réalité un moyen traditionnel et pratique pour comprendre où en est notre enfant. Les établissements qui sont passés à l’évaluation sans notes le savent bien : on ne peut pas supprimer les notes sans accentuer le dialogue avec les parents. Les notes sont toujours considérées comme un moyen de communication entre l’école et la famille, et elles donnent l’illusion d’un traitement égalitaire de tous. Bien des familles comptent sur ces notes pour savoir si l’enfant « réussit » ou non.

Pourtant les notes, on l’aura compris, ne disent pas si l’enfant est « en réussite ». Elles sont seulement un moyen pour nous d’y voir clair dans le « niveau » de l’enfant (par rapport à qui ? à quoi ?), dans son degré d’investissement ou dans ses difficultés. Une note peut se lire de manières différentes. Mais ce qu’une note ne dit pas, c’est si notre enfant a trouvé du sens à ce qu’il a fait, s’il s’est senti bien dans son apprentissage, s’il a su mobiliser des techniques mnémotechniques ou méthodologiques efficaces … Bref la note ne dit pas si l’enfant REUSSIT à être élève.

Le parent redoute les mauvaises notes car il a peur que son enfant soit hors-jeu

Assister à une scène où son enfant est rejeté par les autres enfants, où il s’efface et ne parvient pas à exister, où on le voit souffrir pour être accepté est très difficile à vivre en tant que parent. Je me souviens encore de la rentrée en Angleterre, quand j’ai observé de loin mes enfants seuls dans la cour, isolés par la langue. C’est tellement douloureux quand on est parent de se sentir impuissant. Notre enfant va seul à l’école, et surmonte seul ce rejet. Aussi, quand il reçoit devant tout le monde la copie de maths complètement ratée, et que le professeur fait la petite remarque assassine (peu importe laquelle, toute remarque dans ces situations fait mal), on sait qu’il éprouve une honte. Le seul moyen de l’aider à y échapper : le faire travailler plus à la maison. Au risque de se déchirer.

Je crois qu’à cette peur du rejet s’ajoute inconsciemment la crainte que l’enfant ne trouve pas, plus tard, sa place en tant qu’adulte. On met tellement d’enjeux dans l’école ! Dans une société où les diplômes sont si déterminants, tout parent regarde avec attention la courbe d’apprentissage avec appréhension : jusqu’où ira-t-il ? Voilà pourquoi, dès l’apparition du travail personnel, on devient le « mauvais flic »… malgré les meilleures intentions du monde.

Les parents se sentent jugés dans la façon dont se passe la scolarité de leur enfant

Impossible d’y échapper : la compétition scolaire est réelle. Dès l’entrée en sixième, les enfants apprennent à comparer leurs résultats à ceux des autres. Et quand ils rapportent une note moyenne à la maison, ils nous expliquent que Bidulle ou Untel ont, de toutes façons, obtenu moins. La présentation des relevés de notes sur le bureau numérique nous impose également la comparaison : nous avons la moyenne de la classe, la note la plus basse et la note la plus haute. Quand on voit écrit 19/20 à côté du 13/20 de notre enfant, on SAIT que c’était possible de faire mieux. Cette mesure de l’effort, en points, nous conduit sournoisement à entrer dans le jeu de la concurrence… et à redouter la défaite.

La réussite scolaire chiffrée trahit aussi un besoin du parent d’être reconnu et estimé comme un bon parent : on aime tous être fier de nos enfants, et parfois, comme on aime se reconnaître en eux (« elle a les yeux de papa! »), on se reconnait dans leur réussite. Parfois au contraire, on aime qu’ils réussissent là où nous on avait échoué. Pas de jugement : si on réagit comme cela, c’est qu’on est effectivement jugé dans notre parentalité, et ce depuis les premiers mois (les mamans diront depuis la grossesse!). Alors l’enfant DOIT réussir, sinon c’est le parent qui échoue.

Nos enfants portent donc une lourde responsabilité : réussir à l’école, c’est tout à la fois :

  • obtenir de bons résultats ;
  • être intégré ;
  • rendre fier ses parents.

Que c’est compliqué ! Et comme tout ceci n’importe que si l’enfant se sent bien, se sent progresser, prend plaisir à apprendre !

Réussir à l’école, c’est s’y épanouir…

… comme une fleur qui pousse, comme un arbre qui grandit. L’élève pour réussir a besoin de se sentir bien. Il lui faut de la confiance, de l’amour, et de l’envie. La vraie réussite scolaire ne peut avoir lieu sans ces facteurs psychologiques, et c’est là que nous, parents, nous avons un vrai et noble rôle à jouer. Plus nous aurons à coeur que notre enfant prenne plaisir à apprendre, soit fier de progresser et trouve du sens à ce qu’il fait, plus notre enfant réussira sa scolarité.

Comment aider notre enfant :

  • à apprendre avec joie ?
  • à se sentir motivé et confiant à l’école comme à la maison ?

Après le goûter … on renforce ce que Céline Alvarez appelle les « compétences exécutives » , ce qu’on appelle communément le « apprendre à apprendre« . Il s’agit de la méthodologie, des techniques de mémorisation, mais aussi du rapport de l’enfant au travail scolaire : pugnacité, détermination, courage …

Après le goûter, on intervient comme un pompier après une dure journée, comme un coach quand il y a une évaluation à préparer, comme un membre honoraire de la communauté des anciens élèves qui vient féliciter l’enfant pour les efforts accomplis.

C’est tout l’objet de ce blog. Internet regorge de conseils pour les parents de petits enfants. On a certes beaucoup progressé en matière de parentalité. Mais pour ce qui se passe à l’école, c’est plus complexe. Comme on n’y est pas, on croit qu’on n’y peut rien. Qu’il faut que l’enfant devienne miraculeusement autonome et solide pour affronter le collège et le lycée. Il y a pourtant un moment où nous, parents, pouvons agir concrètement : le moment des devoirs !

La réussite ne se chiffre pas. Elle n’attend pas non plus la fin des études pour être déterminée. On peut voir la réussite de notre enfant dans sa manière de vivre sa scolarité. Un élève qui réussit est un élève qui trouve du sens et du plaisir à apprendre, envisage l’avenir avec confiance, et vit sereinement sa vie d’ado.

Ce blog est le fruit d’une longue réflexion sur la question des devoirs, et je le souhaite aussi utile que possible pour vous accompagner, parents, dans votre rôle de parent d’élève. J’ai envie de partager ma connaissance du système « de l’intérieur » pour vous donner des clefs dans votre approche des devoirs. N’hésitez pas à partager mes articles et à me contacter pour m’exprimer vos besoins.

La fatigue du lycéen

Chaque lycéen que j’accompagne se plaint de sa fatigue. Écoutons cette fatigue, et aidons-le à mieux gérer son temps…en lui posant les bonnes questions.

« Tu as vu l’heure à laquelle tu te couches ! »

C’est sûr, quand l’ado se couche à des heures indues et traîne des pieds au moment de se lever, on a bien envie de revenir quelques années en arrière, quand on décidait encore de l’heure de coucher, qu’on éteignait la lumière et qu’on s’assurait de ses ronflements à 21h… Mais l’ado est souvent un oiseau de nuit, capable de vivre en tel décalage que la journée, c’est le jetlag !

Il y a cependant une question importante à lui poser : combien d’heures de sommeil te sont nécessaires pour te sentir bien ? À lui de calculer et de réfléchir à une heure de coucher plus adaptée à ses besoins. A savoir, un adolescent s’endort en moyenne 2 heures plus tard qu’un enfant, mais il a encore besoin de 8,5 à 9,5 heures de sommeil (source https://www.college-de-france.fr/media/stanislas-dehaene/UPL1489204065771701647_CDF_13nov2014_Strauss.pdf)

Parents, vous le savez bien : on n’impose rien à un ado, on s’arrange, on le convainc. L’heure du coucher doit donc être négociée, de façon à ce que l’adolescent se sente maître de son temps, de son corps aussi. L’inviter à réfléchir à ses besoins, et lui laisser le temps d’y réfléchir, lui permettra de modifier son rapport à la montre : être décisionnaire est un besoin psychologique basique pour le futur adulte.

« Pourquoi tu te couches aussi tard ? »

Mais il y a tellement de bonnes raisons de se coucher tard ! Netflix, YouTube en font partie… Attention à ne pas céder aux écrans dans la chambre : le plus simple reste d’éviter le conflit, en posant des règles claires. Les adolescents restent des enfants, ils ont besoin d’un cadre. Aussi agaçant soit-il, le cadre rassure. Les familles dans lesquelles le problème des vidéos en pleine nuit ne se pose pas sont les familles où les téléphones sont consignés avant l’heure du coucher.

Il existe aussi des solutions « externes », comme le contrôle parental. La gestion de la durée de connexion est offerte par certains opérateurs : quand le signal wifi n’émet plus au bout d’un temps de connexion limité, ce n’est plus vous qui confisquez le wifi, c’est votre adolescent lui-même qui se confronte à la limite. Plusieurs possibilités de contrôle parental s’offrent à vous, et ce qui est intéressant, c’est d’inviter votre enfant à décider des modalités de ce contrôle avec vous : à quelle heure faut-il stopper les écrans d’après toi ?

« C’est pour ton bien que je te dis ça ! »

Cette phrase-là … un.e ado n’aime pas ! Faut-il l’en blâmer ? Quand on m’impose de ne pas manger de chocolat « pour mon bien », je n’ai qu’une seule envie : finir la tablette !

Pourtant, le sommeil est indispensable, et il doit être de qualité. Nous, parents, éducateurs, nous le savons : mais les jeunes n’en ont pas forcément conscience.

Posez donc la question à un.e adolescent : pourquoi est-il important de dormir ? Nul doute qu’il ou elle vous répondra : « pour se reposer, pour être en forme ».

Vous pourrez alors lui expliquer que pendant notre sommeil :

  • les muscles se détendent,
  • on brûle des calories ! surtout quand on fait du sport régulièrement, car les muscles continuent de brûler de la graisse alors même qu’on dort !
  • on trie les informations accumulées au long de la journée : on ne garde que l’essentiel, on oublie ce qui n’est pas indispensable (on fait de la place dans sa mémoire !)
  • on augmente donc ses capacités de mémorisation et de compréhension
  • on augmente ses capacités d’attention et de concentration
  • on limite le risques de maladie, et notamment de troubles psychologiques.

Les lycéens sont fatigués.

C’est une réalité. Et leur fatigue influe directement sur leur moral, et sur leurs résultats. Les cours qui commencent à 8 heures du matin sont un véritable non-sens pour eux. Quelle solution alors ? Pour les parents, pas d’autre choix que de les laisser se reposer le week-end, et de veiller à un rythme de vie sain. Une activité physique régulière, un apport en vitamines et magnesium : si votre ado est fatigué.e, il serait intéressant de consulter un médecin pour que celui-ci conseille à votre place votre enfant. On a parfois besoin d’une médiation pour que les bons conseils soient entendus !

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Photo by Doğukan Şahinon Unsplash

Comment aider son ado à trouver sa voie ?

On demande aux adolescents de choisir leur orientation en fonction de leurs résultats scolaires : mais les résultats scolaires ne disent pas leur personnalité !

La question de l’orientation est primordiale dans la scolarité, et influe énormément sur la motivation. Malheureusement, quand on parle d’orientation, on parle bien souvent de résultats scolaires et d’études sans jamais parler de valeurs. Pourtant, et nous adultes le savons bien, ce qui compte dans un métier, c’est de se sentir bien avec les valeurs qui y sont liées.

J’ai lu un livre qui a révolutionné ma perspective – et qui m’a d’ailleurs beaucoup aidée dans mon projet de reconversion professionnelle. Ce livre, je l’ai trouvé par hasard dans la boutique du musée du design de Londres, et je le recommande toujours aux adultes qui traversent une « crise professionnelle » : A job to love du collectif The school of life.

J’ai extrait de cette lecture une série de questions qui se destinent très bien aux adolescents qui ne savent pas trop comment aborder leur orientation. On leur parle études, notes, écoles, filière … mais ils ne parviennent pas du tout à se projeter dans des décisions concrètes.

Ce qu’on aime vraiment dans un métier, ce n’est pas le métier en soi, mais une série de qualités qu’on y a identifées. (…) En réalité, ces qualités ne sont pas propres à CE métier. Elles sont forcément générales et on peut les retrouver sous une autre forme, moins évidentes, dans un autre métier, une fois qu’on sait les retrouver.

Extrait de A Job to love, du collectif The School of Life.

Ce questionnaire que je vous partage a pour but d’aider votre enfant à se poser d’autres questions, et vous invite à discuter avec lui du PLAISIR D’UN METIER.
Le but est de ne pas partir des métiers possibles pour réfléchir à son orientation, mais de ses valeurs, goûts et plaisirs pour ouvrir un panorama de types de métiers (et types de vies !).

J’espère que cet outil vous aidera à aborder autrement la question du « qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? » . Il est à télécharger ci-dessous, en version complète (deux pages – mode d’emploi en bas de la deuxième page).


Un calendrier de l’Avent bienveillant

Pourquoi pas cette année, au lieu (ou en plus) des chocolats, glisser des petits mots à votre enfant dans son calendrier de l’Avent ?

Voici ce que j’ai choisi de faire pour mes garçons. Ce n’est qu’un exemple ! Mais l’idée est facile à mettre en place, et peut plaire même aux plus grands !

Un calendrier de l’Avent diy pour mes enfants

Voici quelques idées de petits mots pour vos ados :

  • Je suis fier d’être ton papa
  • Tu m’étonnes chaque jour
  • Tu grandis tellement bien !
  • La vie sans toi, ce ne serait pas aussi bien
  • J’ai confiance en toi

Vous pouvez aussi jouer à placer des privilèges à la place des mots doux. Bien sûr, les privilèges sont à adapter à l’âge de votre enfant, mais le plus amusant, c’est de surprendre votre ado ! Voici quelques idées :

  • Bon pour un massage des pieds
  • Bon pour un film en famille
  • Bon pour un jeu vidéo parent vs enfant
  • Bon pour préparer le dîner
  • Bon pour commander une pizza

Vous l’avez compris, une feuille, un stylo, de l’imagination, une bonne dose d’humour et surtout beaucoup d’amour, et voilà le calendrier de l’Avent bienveillant prêt à rendre ce prochain mois plus tendre et motivant !

En cadeau, le fichier prêt à imprimer et à compléter avec vos bonnes idées !

Votre enfant a un livre à lire !

Je m’adresse ici aux parents des enfants qui ne sont pas des rats de bibliothèque, et qui ont du mal à encourager leur enfant à lire le livre pour le collège ou le lycée.

Les conseils généraux que je vais donner ici peuvent convenir dès la sixième, et bien sûr continuer au lycée.

A quoi servent les lectures imposées ?

Cela peut sembler contradictoire en effet : pourquoi « imposer » des livres à lire et se plaindre ensuite que les élèves ne veulent plus lire ! La lecture « plaisir » s’accommode peu de ces obligations … et encore moins des évaluations !

Si votre enfant a le goût du débat, nul doute qu’il vous a déjà servi cet argument pour repousser encore à demain la lecture du fameux « bouquin ». Comment lui répondre alors ?

Il faut savoir que les programmes scolaires imposent des livres … et n’en imposent pas. Le plus souvent, c’est l’enseignant de votre enfant qui a choisi des titres qui lui semblent convenir au travail mené en classe. Il est plus pratique pour le bon fonctionnement du cours que tous les élèves aient lu le même livre pour pouvoir ensuite travailler mieux ensemble.

Les programmes exigent que des thèmes soient étudiés, et ils fournissent pour cela une liste de livres qui répondent aux exigences nationales. Ces listes, vous pouvez les trouver ici pour les primaires et les collèges. Au lycée général et technologique, le programme de lectures est plus reserré et plus exigeant … voilà pourquoi il ne faut pas renoncer à aider nos enfants à cet âge-là ! La lecture au lycée n’a rien d’évident !

Souvent les professeurs proposent des lectures libres : les livres sont choisis au CDI, ou parmi une liste plus « fun ». Cela n’empêche pas les difficultés de lecture.

Comment aider son enfant à lire un livre difficile ?

Je vous dirais bien de lire le livre aussi… mais j’ai conscience que tout le monde n’en a pas le temps ! Et puis, moi-même, je traînerais des pieds si j’avais à relire des classiques qui m’ont causé tant de difficultés. Pourtant, on ne lit jamais deux fois le même livre, et les mots qu’on a compris plus jeune, prennent un sens plus profond quand on est devenu parent !

Pas le coeur à relire toute la Comédie Humaine ? Soit … alors pourquoi pas feuilleter le roman de votre enfant, et lire à voix haute quelques passages qui vous plaisent, pour encourager votre enfant à discuter avec vous du roman ?

Pour les duos parent-enfant plus motivés, on peut aussi envisager que l’un ou l’autre fasse la lecture à voix haute (pendant qu’on coud des masques, ou qu’on classe les factures !). Daniel Pennac en parle dans son livre Comme un roman : NON ! la lecture à voix haute ne doit pas s’arrêter au moment où l’enfant apprend à lire de lui-même ! Ne cessons pas de partager ces moments précieux autour d’histoires…

Autre alternative : le livre audio ! Ecouter A La Recherche du Temps Perdu pendant qu’on cuisine est bien plus motivant que tenir le pavé dans ses mains dans son lit au moment du coucher. Quelques livres sont disponibles sur YouTube, pas toujours de la meilleure qualité c’est vrai (il faut chercher…) ; autrement, l’offre des livres audio augmente considérablement ces derniers temps, et c’est un atout pour nos jeunes étudiants !

Comment motiver son enfant à lire un livre ?

Le problème n’est souvent pas le livre … mais le manque de motivation de l’enfant. Et là, on se heurte à un mur d’indifférence quand on propose, malgré tous les efforts du monde, un beau roman. Il faut dire que les lectures sont imposées à l’âge où l’enfant se rebelle, rejette un peu vite ce qui vient de l’adulte… Et c’est Zola qui en pâtit !

Alors … chut ! Trichons ! D’abord, « découpons » le livre : combien de pages ? En combien de jours ? Et puis, cherchons un résumé chapitre par chapitre : tu lis le chapitre 1, je te fournis le chapitre 2, etc.

Il y a aussi les « annales » et tous les ouvrages d’analyse : il fut un temps où les professeurs voyaient cela comme de la triche… Aujourd’hui, quel professeur n’encouragerait pas la lecture d’un document bien fait qui donne de bonnes clefs de lecture ? Non, ce n’est pas vraiment tricher, à condition que votre enfant aille lire les passages qui sont mentionnés.

Comment répondre à son enfant qui râle quand il doit lire un livre ?

Ce qui compte, c’est d’accepter la difficulté de la lecture, de reconnaître que lire un livre imposé n’est pas très motivant, mais cultiver le goût du challenge par des petites récompenses, en espérant que les premières pages lues, votre ado ou presque-ado se prendra au texte et lira de lui-même.

Ce qui compte, c’est de dialoguer sur la lecture, et de tenir un discours optimiste : lire n’est pas toujours une partie de plaisir, mais finir un livre difficile … quelle fierté !

Pour continuer la réflexion sur le rôle que vous, parent, vous pouvez jouer, je vous ai concocté une petite check-list sur la lecture d’un livre imposé ! C’est à télécharger, et c’est gratuit !

5 questions à poser à son enfant pour l’encourager à réfléchir sur ses habitudes de travail

Pour mieux travailler, il faut mieux se connaître. Voici les questions que j’aime poser à mes enfants pour les aider à progresser dans leur autonomie. Pour mes élèves, je prends toujours le temps, au début et en cours d’année, de discuter avec eux de leurs habitudes de travail : la fiche à télécharger pourra être utile tant aux parents qu’aux enseignants.

Les 5 questions à poser à son enfant

Voici 5 questions à poser à votre enfant pour l’aider à observer son propre fonctionnement, et prendre conscience de ce qui lui convient et de ce qui ne lui convient pas au moment de faire ses devoirs, apprendre ses leçons, préparer un examen.

1- Où veux-tu travailler ?

Dans la mesure du possible, laissez le choix à votre enfant. A-t-il besoin du calme de sa chambre, ou ce soir a-t-il besoin de plus de compagnie ? Préfère-t-il travailler assis à son bureau, sur une chaise, un tabouret ? Ecrire debout sur un tableau ? Même si votre enfant a une routine, montrez-vous flexible, afin de lui apprendre qu’on n’a pas toujours besoin des mêmes conditions pour être efficace.

2- De combien de temps as-tu besoin ?

Apprenez à votre enfant à planifier son travail, à évaluer ses besoins et à se fixer des objectifs raisonnables. Soyez sa montre au cours de sa session de travail, non pas pour lui mettre de la pression inutile mais au contraire pour l’encourager à rester concentré. Mais si la tâche est plus importante que ce qu’il avait imaginé, encouragez-le à rester positif (« ce n’est pas grave si tu as besoin de plus de temps ») et à comprendre pourquoi il ne peut pas respecter le temps qu’il s’était imparti (« est-ce qu’il y a quelque chose que tu n’avais pas prévu ? qu’est-ce qui te prend plus de temps finalement et pourquoi ? »)

3- Quels sont tes objectifs ?

Il est important que l’enfant formule (à voix haute ou par écrit) ce qu’il a à faire. Ce n’est pas parce qu’il a noté son travail sur son agenda que cela suffit à son organisation. Proposez-lui de faire une to-do-list, ou une carte mentale qui permette d’organiser son travail si votre enfant préfère une présentation moins linéaire (pour certains, l’effet liste est plus angoissant qu’autre chose). Cela peut aussi se faire de façon plus ludique : une tâche par post-it, et on décolle les post-it à mesure que le travail avance : cela lui permettra de mieux visualiser sa progression (j’ai aussi utilisé les Kapla avec mon fils, on ajoutait un bâton par exercice, et à la fin de la séance, il pouvait faire s’écrouler la tour dans un grand geste)

4- De quoi as-tu besoin ?

Votre enfant doit apprendre à mobiliser ses ressources, tant matérielles que mentales. Pour cela, questionnez-le sur les outils dont il a besoin pour réaliser le travail qu’il a à faire. Le rôle premier et pratique du parent, c’est déjà de s’assurer que son enfant a sa trousse pleine, des piles dans sa calculatrice, etc. Vous pouvez aussi ajouter des ressources supplémentaires comme des outils de révision : des cahiers de révision, des objets pour vérifier ses multiplications etc. Et puis il y a les ressources mentales : dans un problème de mathématiques par exemple, « de quoi as-tu besoin » peut appeler la réponse « de savoir poser une division », pour une rédaction, « d’utiliser le vocabulaire qu’il y a sur mon cahier », etc. En posant cette question, vous montrez à votre enfant qu’il a des ressources, et que s’il ne les a pas, il sait où les trouver. (A ce propos, les enfants ont tendance à négliger leur ressource numéro 1 : le manuel !)

5- Comment te sens-tu ?

Cette question arrive en 5e position, et pourtant… c’est sans doute la première à poser ! Après une journée d’école, avant de rappeler à « ses devoirs » votre enfant, rappelez-lui que vous êtes là pour lui, que vous êtes à son écoute, et que vous êtes là pour l’encourager. Quand on arrive sur notre lieu de travail, nos collègues, avant de nous indiquer ce que l’on doit faire d’urgent, prennent le temps, et heureusement, de nous saluer et de nous demander comment on va ! Nos enfants eux aussi ont besoin qu’on s’intéresse à leur état. Et un enfant qui ne se sent pas bien ne travaille pas bien. Il vaut mieux parfois négocier un temps de repos, ou organiser autrement le temps de travail pour répondre mieux à leurs besoins. Vous pouvez par exemple morceler le temps de travail et octroyer des pauses, puis un temps rien qu’à eux (ou avec vous c’est encore mieux!) pour se féliciter des efforts faits !

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