La réussite scolaire : un enjeu pour le parent aussi

Le terme de réussite scolaire est tellement galvaudé qu’on ne s’interroge pas assez sur ce qu’il signifie vraiment. Votre enfant a-t-il réussi sa sixième ? A-t-il réussi le lycée ? Mais au fait, « réussir sa scolarité », qu’est-ce que cela veut dire ?

Comme le revers d’une médaille, le terme de « réussite » en cache un autre : celui d’échec. D’ailleurs, l’échec scolaire, on se fait tous à peu près une idée claire de ce que cela signifie. Un élève en échec est un élève que Philippe Meirieu appelle « hors-jeu » : il n’est plus en difficulté (les difficultés se résolvent), il est carrément « décroché » du système, sorti de la relation classique et espérée de l’élève à l’institution.

Réussir l’école serait donc :

  • en comprendre les règles ;
  • jouer le jeu ;
  • y gagner quelque chose.

Réussir l’école se résume bien souvent à avoir de bonnes notes

Seulement la note, on lui accorde la valeur que l’on veut ! Enseignante, je me suis aperçue que je cherchais les points dans la conception de mes évaluations, et modifiais mon barème (et donc la valeur de chaque exercice) pour parvenir à cette fameuse note ronde, sur 10 ou sur 20. « La question 2 vaudra 2 points, et la question 3 seulement une… comme ça j’arrive à 20 ». Quand on sait cela… la note de l’élève ne veut plus dire grand chose.

Pensons aussi aux « coefficients » du bac : pour un même effort, on n’obtient pas la même récompense. Un 12/20 coefficient 2 n’a pas la même valeur qu’un 12/20 coefficient 7 : c’est pourtant la même note. Voilà pourquoi je suis passée aux évaluations sur 6, sur 12 ou 27, et aux compétences … Mais mes élèves et leurs parents s’y perdaient un peu…

C’est que les notes sont en réalité un moyen traditionnel et pratique pour comprendre où en est notre enfant. Les établissements qui sont passés à l’évaluation sans notes le savent bien : on ne peut pas supprimer les notes sans accentuer le dialogue avec les parents. Les notes sont toujours considérées comme un moyen de communication entre l’école et la famille, et elles donnent l’illusion d’un traitement égalitaire de tous. Bien des familles comptent sur ces notes pour savoir si l’enfant « réussit » ou non.

Pourtant les notes, on l’aura compris, ne disent pas si l’enfant est « en réussite ». Elles sont seulement un moyen pour nous d’y voir clair dans le « niveau » de l’enfant (par rapport à qui ? à quoi ?), dans son degré d’investissement ou dans ses difficultés. Une note peut se lire de manières différentes. Mais ce qu’une note ne dit pas, c’est si notre enfant a trouvé du sens à ce qu’il a fait, s’il s’est senti bien dans son apprentissage, s’il a su mobiliser des techniques mnémotechniques ou méthodologiques efficaces … Bref la note ne dit pas si l’enfant REUSSIT à être élève.

Le parent redoute les mauvaises notes car il a peur que son enfant soit hors-jeu

Assister à une scène où son enfant est rejeté par les autres enfants, où il s’efface et ne parvient pas à exister, où on le voit souffrir pour être accepté est très difficile à vivre en tant que parent. Je me souviens encore de la rentrée en Angleterre, quand j’ai observé de loin mes enfants seuls dans la cour, isolés par la langue. C’est tellement douloureux quand on est parent de se sentir impuissant. Notre enfant va seul à l’école, et surmonte seul ce rejet. Aussi, quand il reçoit devant tout le monde la copie de maths complètement ratée, et que le professeur fait la petite remarque assassine (peu importe laquelle, toute remarque dans ces situations fait mal), on sait qu’il éprouve une honte. Le seul moyen de l’aider à y échapper : le faire travailler plus à la maison. Au risque de se déchirer.

Je crois qu’à cette peur du rejet s’ajoute inconsciemment la crainte que l’enfant ne trouve pas, plus tard, sa place en tant qu’adulte. On met tellement d’enjeux dans l’école ! Dans une société où les diplômes sont si déterminants, tout parent regarde avec attention la courbe d’apprentissage avec appréhension : jusqu’où ira-t-il ? Voilà pourquoi, dès l’apparition du travail personnel, on devient le « mauvais flic »… malgré les meilleures intentions du monde.

Les parents se sentent jugés dans la façon dont se passe la scolarité de leur enfant

Impossible d’y échapper : la compétition scolaire est réelle. Dès l’entrée en sixième, les enfants apprennent à comparer leurs résultats à ceux des autres. Et quand ils rapportent une note moyenne à la maison, ils nous expliquent que Bidulle ou Untel ont, de toutes façons, obtenu moins. La présentation des relevés de notes sur le bureau numérique nous impose également la comparaison : nous avons la moyenne de la classe, la note la plus basse et la note la plus haute. Quand on voit écrit 19/20 à côté du 13/20 de notre enfant, on SAIT que c’était possible de faire mieux. Cette mesure de l’effort, en points, nous conduit sournoisement à entrer dans le jeu de la concurrence… et à redouter la défaite.

La réussite scolaire chiffrée trahit aussi un besoin du parent d’être reconnu et estimé comme un bon parent : on aime tous être fier de nos enfants, et parfois, comme on aime se reconnaître en eux (« elle a les yeux de papa! »), on se reconnait dans leur réussite. Parfois au contraire, on aime qu’ils réussissent là où nous on avait échoué. Pas de jugement : si on réagit comme cela, c’est qu’on est effectivement jugé dans notre parentalité, et ce depuis les premiers mois (les mamans diront depuis la grossesse!). Alors l’enfant DOIT réussir, sinon c’est le parent qui échoue.

Nos enfants portent donc une lourde responsabilité : réussir à l’école, c’est tout à la fois :

  • obtenir de bons résultats ;
  • être intégré ;
  • rendre fier ses parents.

Que c’est compliqué ! Et comme tout ceci n’importe que si l’enfant se sent bien, se sent progresser, prend plaisir à apprendre !

Réussir à l’école, c’est s’y épanouir…

… comme une fleur qui pousse, comme un arbre qui grandit. L’élève pour réussir a besoin de se sentir bien. Il lui faut de la confiance, de l’amour, et de l’envie. La vraie réussite scolaire ne peut avoir lieu sans ces facteurs psychologiques, et c’est là que nous, parents, nous avons un vrai et noble rôle à jouer. Plus nous aurons à coeur que notre enfant prenne plaisir à apprendre, soit fier de progresser et trouve du sens à ce qu’il fait, plus notre enfant réussira sa scolarité.

Comment aider notre enfant :

  • à apprendre avec joie ?
  • à se sentir motivé et confiant à l’école comme à la maison ?

Après le goûter … on renforce ce que Céline Alvarez appelle les « compétences exécutives » , ce qu’on appelle communément le « apprendre à apprendre« . Il s’agit de la méthodologie, des techniques de mémorisation, mais aussi du rapport de l’enfant au travail scolaire : pugnacité, détermination, courage …

Après le goûter, on intervient comme un pompier après une dure journée, comme un coach quand il y a une évaluation à préparer, comme un membre honoraire de la communauté des anciens élèves qui vient féliciter l’enfant pour les efforts accomplis.

C’est tout l’objet de ce blog. Internet regorge de conseils pour les parents de petits enfants. On a certes beaucoup progressé en matière de parentalité. Mais pour ce qui se passe à l’école, c’est plus complexe. Comme on n’y est pas, on croit qu’on n’y peut rien. Qu’il faut que l’enfant devienne miraculeusement autonome et solide pour affronter le collège et le lycée. Il y a pourtant un moment où nous, parents, pouvons agir concrètement : le moment des devoirs !

La réussite ne se chiffre pas. Elle n’attend pas non plus la fin des études pour être déterminée. On peut voir la réussite de notre enfant dans sa manière de vivre sa scolarité. Un élève qui réussit est un élève qui trouve du sens et du plaisir à apprendre, envisage l’avenir avec confiance, et vit sereinement sa vie d’ado.

Ce blog est le fruit d’une longue réflexion sur la question des devoirs, et je le souhaite aussi utile que possible pour vous accompagner, parents, dans votre rôle de parent d’élève. J’ai envie de partager ma connaissance du système « de l’intérieur » pour vous donner des clefs dans votre approche des devoirs. N’hésitez pas à partager mes articles et à me contacter pour m’exprimer vos besoins.

Les mauvaises résolutions du bon élève

En janvier, à la rentrée, après le premier semestre, trimestre, ou le mauvais bulletin, ça y est, c’est décidé, « oui promis Papa Maman je vais m’y mettre sérieusement ». Les bonnes résolutions intenables sont lancées, et elles risquent surtout de décourager. Je vous explique pourquoi.

Mauvaise résolution 1 : Je vais viser 15/20 de moyenne !

L’idée semble séduisante, et pourtant… Si le point de départ est 8/20, le 15/20 est bien loin ! Il n’est pas efficace sur le long terme de se fixer des objectifs trop élevés : la technique des petits pas est bien plus efficace. On garde bien sûr en ligne de mire le 15 (voire plus d’ailleurs!), mais on concentre son attention sur une première étape plus proche, plus facile à atteindre : le prochain devoir, le prochain mois, et on répète à chaque fois.

Imaginez que vous soyez face à un énorme gâteau à manger : vous en avez envie, vous avez l’appétit. Mais si vous avalez le gâteau en entier, vous allez vous étouffer ! C’est la même chose avec l’effort scolaire -ou non scolaire- : on fractionne les objectifs pour rendre le tout plus digeste. Et à la fin, une part de gâteau à la fois, on a tout mangé et on s’est régalé !

Mauvaise résolution 2 : Je vais travailler tous les jours pendant 3 heures !

Encore une belle idée sur le papier, mais c’est oublier … l’endurance, et l’entraînement nécessaires ! C’est un peu comme un régime, la cigarette, ou toute autre addiction : « demain, j’arrête », oui, oui… mais après-demain je reprends !

Le travail personnel est une question de routine : les habitudes mettent au moins 21 jours à s’ancrer, et les bonnes habitudes viennent remplacer de mauvais habitudes, elles ne s’ajoutent pas.

Quelques astuces pour tenir dans la durée :

  • se fixer des challenges progressifs : 1 semaine de révisions tous les soirs, puis 2 semaines, puis 3 semaines … et à chaque challenge relevé, se récompenser ! Ce peut être décidé en famille : une soirée cinéma avec pop corn, un copain à inviter, un cadeau, pourquoi pas ?
  • se faire un planning de révisions : ajouter à l’emploi du temps scolaire, l’emploi du temps « périscolaire ». Il est important, pour relever le défi, de se fixer les objectifs soi-même, et de choisir un maximum la façon d’atteindre ces objectifs.
  • s’auto-motiver : la motivation se nourrit de compliments, d’encouragements et de félicitations ! Alors autant être son propre coach, et se répéter des mantras positifs dans lesquels on se cajole et on se booste. Par exemple : « je m’aime, je peux y arriver et je mérite de réussir! »
  • mieux se connaître : identifier le moments où je ne travaille pas, où je fais autre chose et observer : qu’est-ce qui m’empêche de travailler ? qu’est-ce qui me distrait ? A partir de ce constat honnête, prendre alors des décisions éclairées : mettre le téléphone sur mode avion, éteindre la télé, fermer la porte de la cuisine pour ne pas entendre le reste de la maison, éloigner tout ce qui capte mon attention et m’empêche de me concentrer.

Je pourrais ajouter des conseils de base : bien dormir, bien manger, faire de l’exercice et s’amuser… mais ceux-là sont valables toute l’année !

Mauvaise résolution 3 : J’arrête de m’amuser et je travaille !

Ouh la … comme elle est belle cette résolution intenable ! Dans le même ordre d’idées, nous avons : j’arrête de bavarder en classe, j’arrête de passer du temps sur les réseaux sociaux, j’arrête de me mêler des histoires de mes copains/copines de classe, etc.

Pourquoi ça ne marche pas ? Parce que ce sont des injonctions négatives. A chaque fois, il s’agit de « ne plus faire », et puis c’est tout ! Or, pour progresser, nous avons besoin d’objectifs positifs, et de remplacer ce qui ne fonctionne pas par quelque chose qui fonctionne.

Alors au lieu de se punir, de s’interdire des comportements ou des actions, il vaut mieux s’autoriser à mieux faire ! Je m’amuse QUAND j’ai fini mes devoirs, je sors QUAND j’ai révisé mes leçons, je regarde mon compte Instagram QUAND j’ai préparé mon évaluation.

Et pour ce qui est des bavardages, une solution simple consiste à mettre une croix dans le calendrier les jours où on n’a pas bavardé : très vite, on va vouloir voir des croix partout. Et pourquoi pas déterminer une récompense au bout de 5, 10, ou 20 croix ?

Pour finir, je vous partage une petite fiche qui récapitule le cercle vertueux de la réussite ! Bon courage à tous et restez motivés !

Le cercle vertueux de la motivation

Comment aider son ado à trouver sa voie ?

On demande aux adolescents de choisir leur orientation en fonction de leurs résultats scolaires : mais les résultats scolaires ne disent pas leur personnalité !

La question de l’orientation est primordiale dans la scolarité, et influe énormément sur la motivation. Malheureusement, quand on parle d’orientation, on parle bien souvent de résultats scolaires et d’études sans jamais parler de valeurs. Pourtant, et nous adultes le savons bien, ce qui compte dans un métier, c’est de se sentir bien avec les valeurs qui y sont liées.

J’ai lu un livre qui a révolutionné ma perspective – et qui m’a d’ailleurs beaucoup aidée dans mon projet de reconversion professionnelle. Ce livre, je l’ai trouvé par hasard dans la boutique du musée du design de Londres, et je le recommande toujours aux adultes qui traversent une « crise professionnelle » : A job to love du collectif The school of life.

J’ai extrait de cette lecture une série de questions qui se destinent très bien aux adolescents qui ne savent pas trop comment aborder leur orientation. On leur parle études, notes, écoles, filière … mais ils ne parviennent pas du tout à se projeter dans des décisions concrètes.

Ce qu’on aime vraiment dans un métier, ce n’est pas le métier en soi, mais une série de qualités qu’on y a identifées. (…) En réalité, ces qualités ne sont pas propres à CE métier. Elles sont forcément générales et on peut les retrouver sous une autre forme, moins évidentes, dans un autre métier, une fois qu’on sait les retrouver.

Extrait de A Job to love, du collectif The School of Life.

Ce questionnaire que je vous partage a pour but d’aider votre enfant à se poser d’autres questions, et vous invite à discuter avec lui du PLAISIR D’UN METIER.
Le but est de ne pas partir des métiers possibles pour réfléchir à son orientation, mais de ses valeurs, goûts et plaisirs pour ouvrir un panorama de types de métiers (et types de vies !).

J’espère que cet outil vous aidera à aborder autrement la question du « qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? » . Il est à télécharger ci-dessous, en version complète (deux pages – mode d’emploi en bas de la deuxième page).


Une mémoire de poisson rouge ?

Les élèves se plaignent souvent de ne pas retenir leurs leçons … Il n’est jamais inutile de leur rappeler comment fonctionne la mémoire !

Lire le cours ne suffit pas …

Même si bien sûr, certains jeunes se rassurent en se disant qu’ils ont une excellente mémoire visuelle, la simple lecture du cours ne suffira pas. Mais s’ils veulent augmenter un peu leurs chances de retenir en lisant simplement … pourquoi ne pas lire le cours à voix haute ?

Ecouter le cours ne suffit pas …

Nous ne parlerons du fol espoir des élèves de se contenter d’assister au cours et de boire les paroles de l’enseignant pour mémoriser la leçon … Pratiquement 80% de ce qui est entendu sera vite oublié ! Mais si on veut booster sa mémoire auditive … pourquoi ne pas s’enregistrer lire le cours sur son téléphone et le réécouter dans le bus, dans son lit, ou en dessinant ?

Regarder des capsules, une exposition virtuelle, c’est déjà mieux !

En écoutant et regardant attentivement une vidéo explicative sur le même thème que celui du cours, on augmente bien ses chances de retenir. Attention toutefois à bien chercher à comprendre ce qui est dit ! Pour rendre cette stratégie encore plus efficace, pourquoi ne pas prendre des notes et comparer ensuite avec le cours ?

Expliquer à voix haute, ça c’est mieux !

Secret de prof : il y a bien des choses que j’ai apprises … en les enseignant ! Eh oui, « faire le prof » est encore le meilleur moyen de retenir sa leçon. Et pas que ! Faire le prof permet de vérifier sa compréhension, travailler la reformulation, organiser ses connaissances ! Allez, on inverse les rôles !

Dire et faire : la recette magique !

En anglais, on dit « learning by doing » : réaliser une expérience, créer une exposition, faire un exposé, c’est bien LE moyen de bien retenir ce qu’on a à apprendre. En réalité, l’action programmée permet de mobiliser toutes les stratégies de mémorisation. Et en plus, cela redonne du sens et donc de la motivation ! Si le professeur n’y a pas pensé, cela vaut le coup de lui proposer de présenter un exposé ! Il existe aussi des idées d’expériences ou de créations inventives sur le net quand on manque un peu d’idées. Souvent, c’est autour de cette activité que les parents et les enfants peuvent passer un bon moment à s’intéresser ensemble à un sujet passionnant !

J’apprends, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie … en m’amusant !

Le jeu du mauvais élève

Inversons les rôles !

Ce petit jeu n’a l’air de rien, mais en vous plaçant en « mauvais élève », cela permet à votre enfant :

  • de vous observer quand vous demandez de l’aide et posez des questions : montrez-lui qu’il n’y a pas de honte à ne pas savoir !
  • de réfléchir à la posture de celui qui ne sait pas : qu’est-ce que c’est, au fond, être « un mauvais élève » ?
  • de reformuler ses savoirs et donc de vérifier leur compréhension et mieux les mémoriser : apprendre, c’est découvrir, comprendre, mémoriser … et réutiliser !

5 questions à poser à son enfant pour l’encourager à réfléchir sur ses habitudes de travail

Pour mieux travailler, il faut mieux se connaître. Voici les questions que j’aime poser à mes enfants pour les aider à progresser dans leur autonomie. Pour mes élèves, je prends toujours le temps, au début et en cours d’année, de discuter avec eux de leurs habitudes de travail : la fiche à télécharger pourra être utile tant aux parents qu’aux enseignants.

Les 5 questions à poser à son enfant

Voici 5 questions à poser à votre enfant pour l’aider à observer son propre fonctionnement, et prendre conscience de ce qui lui convient et de ce qui ne lui convient pas au moment de faire ses devoirs, apprendre ses leçons, préparer un examen.

1- Où veux-tu travailler ?

Dans la mesure du possible, laissez le choix à votre enfant. A-t-il besoin du calme de sa chambre, ou ce soir a-t-il besoin de plus de compagnie ? Préfère-t-il travailler assis à son bureau, sur une chaise, un tabouret ? Ecrire debout sur un tableau ? Même si votre enfant a une routine, montrez-vous flexible, afin de lui apprendre qu’on n’a pas toujours besoin des mêmes conditions pour être efficace.

2- De combien de temps as-tu besoin ?

Apprenez à votre enfant à planifier son travail, à évaluer ses besoins et à se fixer des objectifs raisonnables. Soyez sa montre au cours de sa session de travail, non pas pour lui mettre de la pression inutile mais au contraire pour l’encourager à rester concentré. Mais si la tâche est plus importante que ce qu’il avait imaginé, encouragez-le à rester positif (« ce n’est pas grave si tu as besoin de plus de temps ») et à comprendre pourquoi il ne peut pas respecter le temps qu’il s’était imparti (« est-ce qu’il y a quelque chose que tu n’avais pas prévu ? qu’est-ce qui te prend plus de temps finalement et pourquoi ? »)

3- Quels sont tes objectifs ?

Il est important que l’enfant formule (à voix haute ou par écrit) ce qu’il a à faire. Ce n’est pas parce qu’il a noté son travail sur son agenda que cela suffit à son organisation. Proposez-lui de faire une to-do-list, ou une carte mentale qui permette d’organiser son travail si votre enfant préfère une présentation moins linéaire (pour certains, l’effet liste est plus angoissant qu’autre chose). Cela peut aussi se faire de façon plus ludique : une tâche par post-it, et on décolle les post-it à mesure que le travail avance : cela lui permettra de mieux visualiser sa progression (j’ai aussi utilisé les Kapla avec mon fils, on ajoutait un bâton par exercice, et à la fin de la séance, il pouvait faire s’écrouler la tour dans un grand geste)

4- De quoi as-tu besoin ?

Votre enfant doit apprendre à mobiliser ses ressources, tant matérielles que mentales. Pour cela, questionnez-le sur les outils dont il a besoin pour réaliser le travail qu’il a à faire. Le rôle premier et pratique du parent, c’est déjà de s’assurer que son enfant a sa trousse pleine, des piles dans sa calculatrice, etc. Vous pouvez aussi ajouter des ressources supplémentaires comme des outils de révision : des cahiers de révision, des objets pour vérifier ses multiplications etc. Et puis il y a les ressources mentales : dans un problème de mathématiques par exemple, « de quoi as-tu besoin » peut appeler la réponse « de savoir poser une division », pour une rédaction, « d’utiliser le vocabulaire qu’il y a sur mon cahier », etc. En posant cette question, vous montrez à votre enfant qu’il a des ressources, et que s’il ne les a pas, il sait où les trouver. (A ce propos, les enfants ont tendance à négliger leur ressource numéro 1 : le manuel !)

5- Comment te sens-tu ?

Cette question arrive en 5e position, et pourtant… c’est sans doute la première à poser ! Après une journée d’école, avant de rappeler à « ses devoirs » votre enfant, rappelez-lui que vous êtes là pour lui, que vous êtes à son écoute, et que vous êtes là pour l’encourager. Quand on arrive sur notre lieu de travail, nos collègues, avant de nous indiquer ce que l’on doit faire d’urgent, prennent le temps, et heureusement, de nous saluer et de nous demander comment on va ! Nos enfants eux aussi ont besoin qu’on s’intéresse à leur état. Et un enfant qui ne se sent pas bien ne travaille pas bien. Il vaut mieux parfois négocier un temps de repos, ou organiser autrement le temps de travail pour répondre mieux à leurs besoins. Vous pouvez par exemple morceler le temps de travail et octroyer des pauses, puis un temps rien qu’à eux (ou avec vous c’est encore mieux!) pour se féliciter des efforts faits !

Téléchargez gratuitement cette fiche à colorier !

Les 6 besoins essentiels de mon enfant pour faire ses devoirs

Voici une recette. Comme toutes les recettes, elle s’ajuste aux goûts et à la personnalité de chacun. Cependant, quand il s’agit de faire faire les devoirs, et que l’élève a le devoir de bien les faire, il n’est pas inutile de se rappeler les bonnes astuces pour aider votre enfant/ado à apprendre à apprendre. Parce que même si on improvise l’accompagnement des devoirs, comme en cuisine, il reste toujours des ingrédients de base à ne pas oublier !

Ingrédient 1 : de la confiance en soi

L’image que votre enfant se fait de lui-même est déterminante dans son apprentissage. Sans confiance en soi, on se projette dans l’échec plutôt que dans la réussite, et on reste bloqué dans ses difficultés. Pour développer la confiance en soi de votre enfant, privilégiez (et ce à n’importe quel âge) le jeu. Le jeu (de plateau, de rôle, le sport…) permettent à l’enfant de se dépasser et de mesurer à quel point les efforts payent : parfois cela vient tard, mais cela paye toujours ! Jouer avec vous permet à votre enfant de se sentir estimé (« si tu joues avec moi c’est que tu penses que je peux gagner »), de vous observer dans l’effort et la difficulté, de comprendre qu’on n’abandonne pas quand on n’est pas le premier, etc. Pour développer sa confiance en soi, il y a aussi les mots qui font du bien : rappeler à son enfant qu’on lui fait confiance est déjà très important (et s’il vous répond que lui n’a pas confiance en lui, alors la conversation sera entamée!)

Ingrédient 2 : du confort

Je veux vous parler de confort physique comme de confort psychologique. Votre enfant a besoin de se sentir bien dans son corps et dans son coeur pour bien travailler. Il a besoin d’un espace de travail rangé, harmonieux, dans lequel il ne se sent ni oppressé ni perdu, dans lequel il se repère et se sent bien. Votre enfant a aussi besoin de sentir qu’on l’aime, qu’on n’est pas fâché, qu’il a le droit à l’erreur, qu’on ne veut pas le « piéger », et qu’il est encouragé : apprendre n’est pas une punition. Pour cela, le temps avant le goûter est très important ! C’est un peu comme avant de monter sur scène : les acteurs doivent se chauffer… Peut-être qu’un jeu de rôle, ou une bonne discussion, pour se mettre dans de bonnes conditions sont nécessaires à la mise au travail…Chez moi, on invente un scénario quand la motivation n’est pas là : il est le président de la République et a plein de dossiers à traiter, il est un chercheur et il a des formules à trouver…

Ingrédient 3 : du temps et de la patience

Rome ne s’est pas fait en un jour… Votre enfant a besoin qu’on lui laisse le temps de se tromper, puis de comprendre ses erreurs. Il a besoin d’apprendre à ne pas renoncer, à chercher en lui et autour de lui les ressources qui lui manquent. Il a besoin d’un bon modèle : un modèle de patience. Souvent, à l’ère du tout tout de suite, les enfants ne supportent pas de ne pas obtenir de résultat de façon immédiate. Voilà pourquoi ce peut être utile de faire visualiser les étapes de l’apprentissage : ce n’est pas une ligne droite.

Je vous conseille la « technique des petits pas », et surtout de l’expliquer à votre enfant : l’image peut être adaptée à chacun. Par exemple, pour les fans de Lego, on peut évoquer les étapes dans la construction d’un château, pour les amateurs de charcuteries, rappeler qu’on ne peut pas avaler d’un coup le saucisson mais qu’il faut le couper en plusieurs tranches pour le finir (personnellement je choisis l’image de la tablette de chocolat que je dévore morceau par morceau !). Bref, vous l’avez compris : fractionnons l’effort, et comme on savoure chaque carré de chocolat, savourons chaque petite victoire !

Ingrédient 4 : de la bienveillance

La bienveillance est dans l’attitude que l’on a vis-vis de soi et des autres, la bienveillance est dans l’intention que l’on a dans chacun de nos gestes et chacun de nos mots, la bienveillance est dans la douceur que l’on déploie. La douceur, c’est la non-violence. Je ne peux que vous conseiller de vous intéresser à la communication non violente : vous découvrirez que souvent, quand on croit bien faire et bien dire, on sape la relation que l’on essaie de construire avec son enfant. La bienveillance, c’est aussi les encouragements, les compliments, les câlins ! Encourager, c’est dire haut et fort qu’on croit en l’autre, qu’on lui fait confiance, et s’interdire les reproches (toutes ces formules en « oui…mais…, c’est bien…mais… »). On ne dit que ce qui est gentil, utile, et valorisant !

Ingrédient 5 : des bons outils

C’est un peu comme si vous vouliez fabriquer un meuble sans outils, cuisiner sans ingrédients, etc. Les outils doivent toujours être à disposition, et votre enfant a besoin de savoir où les trouver.

Les outils sont variés : les connaissances (ce qu’il sait déjà – qu’il s’agisse des informations dans la consigne ou de ses savoirs), le matériel (le bon cahier, le compas…), les supports pédagogiques (la fiche des verbes irréguliers en anglais, celle sur les multiplications…) et enfin les ressources mentales (tous ces petits conseils qu’il est toujours bon de répéter afin d’assurer un état d’esprit positif et flexible).

Pensez bien à rappeler à votre enfant qu’il a des ressources, et encouragez-le à se les rappeler à voix haute en posant la simple question : pour ce travail, de quoi as-tu besoin ?

Ingrédient 6 : de bonnes habitudes

Je ne dirai jamais assez l’importance de la routine. Non pas de la répétition, mais bien de la routine de travail. Il s’agit de prendre de bonnes habitudes, et pour cela, se fixer un challenge de 3 semaines minimum peut se révéler être une bonne stratégie. D’abord, parce qu’on peut compter les jours d’efforts sur un calendrier, ensuite parce qu’il faut bien 21 jours pour ancrer une bonne habitude dans le temps.

Il peut s’agir : de lire dix minutes chaque soir avant de dormir, de réviser son vocabulaire d’allemand tous les soirs pendant quelques minutes… et surtout, de prendre le temps de « faire ses devoirs » même s’il n’y a rien d’écrit sur l’agenda. Je le recommande particulièrement aux parents de collégiens qui savent très bien cette rengaine « j’ai rien à faire pour demain ! » et qui découvrent toujours à la dernière minute qu’il y avait un exposé à préparer depuis deux semaines ou une évaluation annoncée il y a un mois…

Accompagnons nos enfants dans cette routine du travail personnel, et profitons surtout de ces jours où « il n’y a rien à faire » pour leur apprendre à s’organiser, à planifier, à réviser, à faire du tri dans leurs affaires, à apprendre à apprendre !

J’espère que cette petite recette vous a plu ! Je mets ma passion pour la pédagogie à votre service, et vous invite à suivre mon blog pour toujours plus de conseils pédagogiques simples et efficaces.