Les conseils d’une maman Yoda au moment des devoirs

Tandis que je suis en train de travailler sur la table de la salle à manger, mon fils fait ses devoirs à côté de moi. Il jongle entre son ordinateur et son cahier de textes, visiblement débordé. Très vite, il s’énerve, et quand il perd ses moyens face à la somme de travail que ses professeurs lui demandent, les larmes lui montent aux yeux. Je l’observe, sans mot dire, et je me demande : quelle vision a-t-il des devoirs scolaires ? Et plus généralement, du travail ? En tant que professeur, j’ai toujours défendu ma lanterne. Je ne demandais pas de travailler mais d’apprendre. Pour moi, les devoirs étaient un moyen de faire progresser mes élèves, de consolider les apprentissages. Jolie formule, n’est-ce pas ? En tant que maman, à raison de 4 exercices de maths après chaque cours, deux évaluations par semaine à préparer, des cours à relire et des définitions à mémoriser, je dois le reconnaître : mon fils n’apprend rien, il travaille. Enfin… il essaie, noyé dans ses angoisses, perdu dans son bureau numérique, écrasé par le stress. Je décide alors de saisir l’opportunité de cette situation de crise pour lui parler des devoirs, et de l’attitude à adopter. Comme il est fan de Star Wars, je me voûte et prend la voix de Maman Yoda.

Oublier le mot « devoir » tu dois

Paradoxal, n’est-ce pas ? Et pourtant, c’est bien là le seul recours. Le mot devoir te semble lourd, c’est une obligation, tu te sens contraint. C’est normal : on te dit que tu DOIS, on te dit ce qu’il FAUT faire. Et toi, tu préfères faire ce que tu VEUX.

Mais si tu es honnête avec toi-même, tu sais, au fond de toi, que tu as BESOIN de faire tout ce travail :

  • pour apprendre, sans doute ;
  • pour ne pas avoir de punition, c’est certain ;
  • pour progresser et te sentir fier de toi, et c’est la meilleure raison !

Et puis, projette-toi au moment de l’évaluation : imagine que tu n’as pas fait ce qu’il fallait pour réussir. Imagine ton angoisse. Tu n’aimes pas vivre cela ! Et tu as bien raison ! Alors, évite ce mauvais moment, et prépare maintenant ce qui va se passer de bien plus tard. Cela ne veut pas dire que tu réussiras tout, oh non. Mais tu auras au moins la satisfaction d’avoir fait de ton mieux, et fait tout ce que tu pouvais faire. Et ça, pour le moral, c’est important.

Si tu ne penses pas à DEVOIR travailler, mais à AVOIR BESOIN de travailler, tu auras le sentiment de faire les choses pour toi. Tu ne répondras pas aux exigences de tes professeurs mais tu t’occuperas de ta réussite. Et tu VEUX y arriver… N’est-ce pas ?

Aimer le travail scolaire tu pourras, si…

Le sens tu trouves

Les choses à faire s’éparpillent sur les pages de ton agenda. Tu as de quoi t’occuper pour un moment, et tu as l’impression de ne jamais en finir. Après tout, c’est vrai : à chaque jour qui passe, on te rajoute des exercices, des leçons, etc. Je reconnais que c’est assez désagréable de ne jamais voir le bout des choses. C’est assez décourageant… C’est plus simple cependant quand on sait pourquoi on fait les choses.

Parfois, tu trouveras une utilité à tes apprentissages. Parfois, je pourrai te dire en quoi ces connaissances sont utiles au quotidien. Parfois, on aura du mal tous les deux à identifier la nécessité de ce qu’on te demande d’apprendre. C’est normal : tu n’es pas une machine, tu n’es pas une bête de somme. Tu ne fais pas que des choses utiles à l’école, parce que tes professeurs veulent plus pour toi. Ils veulent que tu découvres le monde. Quand tu seras à l’âge d’apprendre un métier, les cours seront bien plus pratiques et spécialisés. Mais ce n’est pas encore temps. Pour devenir celui que tu voudras devenir, tu dois d’abord explorer le monde du savoir. Sans doute oublieras-tu la majeure partie de tes découvertes actuelles, mais quelque part, dans ton cerveau, il en restera quelque chose.

Rappelle-toi, jeune Padawan, que la Force est invisible, mais elle est partout. Et pour le Sens, c’est bien pareil.

De l’aide tu demandes

Pourquoi rester seul à t’arracher les cheveux sur ton devoir de physique ? Qui a dit qu’apprendre était facile ? Qui a dit qu’on doit forcément faire les choses seul ?

Tu me réponds que tu « dois devenir autonome ». C’est vrai. Mais l’autonomie n’est pas la solitude. Être autonome, cela veut dire savoir demander de l’aide justement ! Pas tout de suite, pas n’importe quand. Au contraire, être autonome, c’est savoir quand et à qui demander de l’aide. Il n’y a aucune honte à demander de l’aide. Ceux qui n’apprennent pas à le faire, souvent, souffrent quand ils sont adultes. Parce qu’on ne s’en sort pas toujours seul. Parce qu’on va plus loin quand on est ensemble.

Je ne vais pas faire ton travail à ta place. Tout le mérite te reviendra, promis. Je vais peut-être même chercher de l’aide pour toi, un cours en ligne, un professeur particulier, que sais-je… Même moi, je demande de l’aide quand j’en ai besoin. Et il n’y a aucun problème à cela.

Souviens-toi, futur Jedi, que depuis mon vaisseau, je peux t’aider à piloter le tien, en assurant tes arrières en cas d »attaque.

De l’organisation tu fais preuve

En t’organisant bien, tu pourras travailler moins. Ça vaut le coup, n’est-ce pas ? Tu sais, on perd beaucoup de temps en n’anticipant pas. Je pourrais te donner bien des exemples au quotidien de cette vérité. Regarde-moi : je fais toutes les courses de la semaine en une heure, le vendredi. Si je ne le faisais pas, je passerais 30 minutes par jour au supermarché pour acheter le repas du soir. Imagine le temps perdu ! (et l’argent !)

C’est le même principe avec tes devoirs. Ne passe pas trop de temps sur ton écran à regarder le bureau numérique et paniquer sur la tonne de devoirs. Prends cinq minutes pour copier sur un papier ta to-do list ce que tu dois faire ce soir, puis éteins ton écran. Ensuite, fixe-toi des objectifs de délai. Combien de choses as-tu à faire ? À combien de temps estimes-tu chaque exercice ? À quelle heure penses-tu pouvoir finir ? Maintenant, choisis l’ordre d’action. Tu préfères commencer par le plus pénible ou le plus facile ? C’est à toi de choisir le déroulement de la bataille.

Apprends, futur Jedi, à mettre ton intelligence au service de ta paresse !

Croire en toi t’aidera

Que la Force t’accompagne jeune Padawan. La Force est grande en toi, apprends à la sentir et à la contrôler. Garde ton calme, tempère tes émotions. La liste des choses à faire est longue, la tâche te semble énorme, je le comprends. Mais si tu découvres que tu es capable, alors ton énergie tu déploieras.

Ne laisse pas parler les petites voix négatives dans ton esprit, elles te déconcentrent. Les héros aussi ont peur. Ce qui compte, c’est d’apprendre à taire les doutes sur toi-même, et à faire. La sérénité repose dans les choses accomplies, mon petit chevalier.

Luke se désespère quand il voit son vaisseau noyé dans le marécage parce qu’il est persuadé que c’est impossible de l’en sortir. Maître Yoda lui prouve le contraire. Tout est toujours question de perspective, lui explique-t-il un peu plus tard. Luke échoue parce qu’il ignore ses pouvoirs, et, surtout, parce qu’il ne sait pas les utiliser. Mais il finit par y parvenir. Tu y arriveras toi aussi, car c’est possible. Tu as besoin d’entraînement, c’est tout !

Apprécier la difficulté tu te verras

C’est à la difficulté de l’épreuve qu’on mesure la valeur du héros. Si la tâche était trop simple, tu serais tout simplement vexé ! Imagine que tes professeurs ne te demandent rien que tu ne saches déjà faire. Quel ennui ! Franchement, cela ne présenterait absolument aucun intérêt pour toi !

Par ailleurs, la satisfaction du travail accompli, de l’épreuve surmontée, de la difficulté résolue… c’est elle que tu dois viser. C’est ce sentiment d’avoir tout fait pour passer les épreuves qui va gonfler ton estime de toi. C’est bien grâce à ce sentiment de fierté que tu vas grandir droit.

Eurêka s’écria Archimède : j’ai trouvé ! Quel plaisir de résoudre un problème. Il se passe quelque chose de bref mais intense en nous, qui agit comme un médicament. (Je crois même que les chercheurs sont accros à cette drogue, cette fraction de seconde où le monde devient clair, où tout semble évident.) Apprécie cette joie à chaque fois que tu termines quelque chose. Pense à elle quand tu as du mal à te mettre au travail, car elle est ta récompense. Elle est une pierre dans la construction de ta personne. Il faut la valoriser. Les personnes qui manquent de confiance en elles ont des briques invisibles, ils ne savent pas les regarder. Choisis la couleur de ton Eurêka et fonde le mur sur lequel tu pourras t’appuyer quand tu auras un plus grand combat à mener.

Mon fils sèche ses larmes, boit un verre d’eau, sa respiration ralentit. Bientôt, il se remet au travail. Maman Yoda a gagné. Ce n’est pas évident d’aider son enfant, de garder le recul et la bienveillance dont il a besoin. Maître Yoda d’ailleurs désespère parfois, et il a besoin que Obi Wan insiste pour qu’il continue d’assurer la formation du jeune et impétueux Luke. Je crois que les parents peuvent être d’excellents maîtres, et les meilleurs sans doute, à condition de se comporter comme ce petit bonhomme vert et voûté, et de laisser parler la sagesse plutôt que l’appréhension. Alors, quels sont vos mots de parent Yoda à vous au moment des devoirs ?

Votre ado est-il fainéant … ou trop ambitieux ?

Parfois les adultes font de graves erreurs de diagnostic. Si l’élève a de faibles résultats, c’est qu’il ne travaille pas assez. Point. On lui reproche de ne pas se donner les moyens. On a vite fait aussi de le qualifier de « fainéant ». Et si c’était autre chose qui l’empêchait de travailler ? Avez-vous déjà entendu parler de l’angoisse de performance ?

Qu’est-ce que l’angoisse de performance ?

S’il est normal d’appréhender un examen, une évaluation car on a peur d’échouer, certains au contraire ont peur de ne pas réussir. Saisissez-vous la nuance ?

L’élève se fixe des objectifs de réussite trop élevés, il ne s’accorde pas le droit à l’erreur. Pour lui, perdre un point, c’est rater le contrôle. Il ne connaît que deux alternatives : briller ou échouer.

Il y a de fait une disproportion entre l’objectif à atteindre, et ce que l’adolescent exige de lui-même. Deux cas de figure sont à distinguer :

  • l’objectif est réellement hors de portée, et l’adolescent en a conscience ;
  • l’objectif est largement atteignable, mais l’adolescent ne s’en aperçoit pas.

Dans le premier cas, la marche est trop haute, et votre enfant se décourage. Concrètement, il se sent démoralisé par l’ampleur de la tâche et préfère renoncer plutôt que d’affronter la difficulté.

Dans le second cas, la marche est au bon niveau, mais votre ado a l’impression d’être une fourmi face à la Tour Eiffel. Vous le verrez alors perdre ses moyens pour des tâches que vous l’avez pourtant déjà vu accomplir. Pour vous, c’est un peu comme s’il fuyait devant le danger. Et on a vite fait de s’entendre dire : « franchement, tu pourrais faire un effort ! ».

Quand s’inquiéter ?

Pas de diagnostic médical ici, bien sûr. Il ne s’agit en aucun cas non plus de tirer des conclusions alarmistes. Je tiens simplement à vous inviter à observer le comportement de votre enfant face à la tâche scolaire. Si l’attitude de votre enfant vous inquiète, il faut consulter. L’anxiété de performance peut constituer un frein à l’apprentissage. C’est un trouble mental qu’il faut prendre au sérieux.

Cependant, sans établir que votre enfant souffre d’angoisse et vous précipiter sur Doctolib pour prendre un rendez-vous demain chez un psychologue, vous pouvez tout à fait repérer des moments d’angoisse sur lesquels vous pourrez agir (je vous explique comment juste après !).

Si votre adolescent :

  • a tendance à procrastiner et en même temps vouloir tout contrôler ;
  • se fixe des objectifs beaucoup trop hauts ;
  • se préoccupe excessivement de ses notes ;
  • est convaincu qu’il va échouer ;
  • est paralysé face à la perspective du jugement…

c’est qu’il a besoin d’aide.

Comment réagir face au stress scolaire ?

Tout est question de mesure. Si les crises d’angoisse vous semblent pathologiques, il vaut mieux demander l’avis d’un spécialiste. La thérapie cognitive et comportementale semble la plus adaptée. Elle aidera votre adolescent à surmonter les troubles quotidiens qui y sont liés (troubles du sommeil, de l’alimentation, TOC, etc.)

Mais si ce stress est exclusivement scolaire, le coaching peut être un bon recours. Et je crois que les parents peuvent être de bons coachs ! (C’est tout l’objet de ce site d’ailleurs : trouver sa bonne place en tant que parent d’adolescent, et l’accompagner sereinement dans sa scolarité).

Alors, comment dédramatiser sans minimiser l’angoisse ?

  • en valorisant l’échec : sans erreur, on n’apprend pas ;
  • en observant de façon objective les conséquences d’un ratage : on ne redouble pas parce qu’on n’a « que » 13/20 en histoire (c’est du vécu !) ;
  • en encourageant les efforts : insistez sur ceux déjà faits, notamment dans les domaines de compétence (exemple : au début, en VTT, tu te fatiguais vite. Maintenant, à force d’entraînement, tu peux rouler 25 km sans souci !) ;
  • en découpant le travail en petites parts : on n’avale pas un gâteau entier d’un coup, on l’avale morceau par morceau !

Les mots que vous allez employer auront une grande incidence sur le comportement de votre adolescent. Ce n’est pas parce qu’il est plus grand qu’il n’a pas besoin d’encouragements fréquents. Vous l’avez aidé à grandir à force de compliments : « tu as lassé tes chaussures, c’est bien ! Je suis fier de toi ! ». Alors continuez ! Renforcez son sentiment de compétence, sans aller dans le sens de la compétition qui le ronge déjà à l’intérieur. Evitez « je sais que tu vas y arriver », « tu peux le faire » et toutes ces petites phrases qui augmentent la pression de la réussite. Préférez des phrases plus simples : « je suis derrière toi », « je crois en toi », « tu n’es pas seul.e », « j’ai confiance en toi, quoi que tu fasses ».

Vous l’aurez compris, votre rôle n’est pas de dire « tu stresses pour rien », mais de remettre la peur à sa juste place. L’appréhension de votre adolescent est disproportionnée, il ne faut pas le négliger. Elle cache aussi une envie de réussir très forte : et ça, c’est plutôt positif !

La réussite scolaire : un enjeu pour le parent aussi

Le terme de réussite scolaire est tellement galvaudé qu’on ne s’interroge pas assez sur ce qu’il signifie vraiment. Votre enfant a-t-il réussi sa sixième ? A-t-il réussi le lycée ? Mais au fait, « réussir sa scolarité », qu’est-ce que cela veut dire ?

Comme le revers d’une médaille, le terme de « réussite » en cache un autre : celui d’échec. D’ailleurs, l’échec scolaire, on se fait tous à peu près une idée claire de ce que cela signifie. Un élève en échec est un élève que Philippe Meirieu appelle « hors-jeu » : il n’est plus en difficulté (les difficultés se résolvent), il est carrément « décroché » du système, sorti de la relation classique et espérée de l’élève à l’institution.

Réussir l’école serait donc :

  • en comprendre les règles ;
  • jouer le jeu ;
  • y gagner quelque chose.

Réussir l’école se résume bien souvent à avoir de bonnes notes

Seulement la note, on lui accorde la valeur que l’on veut ! Enseignante, je me suis aperçue que je cherchais les points dans la conception de mes évaluations, et modifiais mon barème (et donc la valeur de chaque exercice) pour parvenir à cette fameuse note ronde, sur 10 ou sur 20. « La question 2 vaudra 2 points, et la question 3 seulement une… comme ça j’arrive à 20 ». Quand on sait cela… la note de l’élève ne veut plus dire grand chose.

Pensons aussi aux « coefficients » du bac : pour un même effort, on n’obtient pas la même récompense. Un 12/20 coefficient 2 n’a pas la même valeur qu’un 12/20 coefficient 7 : c’est pourtant la même note. Voilà pourquoi je suis passée aux évaluations sur 6, sur 12 ou 27, et aux compétences … Mais mes élèves et leurs parents s’y perdaient un peu…

C’est que les notes sont en réalité un moyen traditionnel et pratique pour comprendre où en est notre enfant. Les établissements qui sont passés à l’évaluation sans notes le savent bien : on ne peut pas supprimer les notes sans accentuer le dialogue avec les parents. Les notes sont toujours considérées comme un moyen de communication entre l’école et la famille, et elles donnent l’illusion d’un traitement égalitaire de tous. Bien des familles comptent sur ces notes pour savoir si l’enfant « réussit » ou non.

Pourtant les notes, on l’aura compris, ne disent pas si l’enfant est « en réussite ». Elles sont seulement un moyen pour nous d’y voir clair dans le « niveau » de l’enfant (par rapport à qui ? à quoi ?), dans son degré d’investissement ou dans ses difficultés. Une note peut se lire de manières différentes. Mais ce qu’une note ne dit pas, c’est si notre enfant a trouvé du sens à ce qu’il a fait, s’il s’est senti bien dans son apprentissage, s’il a su mobiliser des techniques mnémotechniques ou méthodologiques efficaces … Bref la note ne dit pas si l’enfant REUSSIT à être élève.

Le parent redoute les mauvaises notes car il a peur que son enfant soit hors-jeu

Assister à une scène où son enfant est rejeté par les autres enfants, où il s’efface et ne parvient pas à exister, où on le voit souffrir pour être accepté est très difficile à vivre en tant que parent. Je me souviens encore de la rentrée en Angleterre, quand j’ai observé de loin mes enfants seuls dans la cour, isolés par la langue. C’est tellement douloureux quand on est parent de se sentir impuissant. Notre enfant va seul à l’école, et surmonte seul ce rejet. Aussi, quand il reçoit devant tout le monde la copie de maths complètement ratée, et que le professeur fait la petite remarque assassine (peu importe laquelle, toute remarque dans ces situations fait mal), on sait qu’il éprouve une honte. Le seul moyen de l’aider à y échapper : le faire travailler plus à la maison. Au risque de se déchirer.

Je crois qu’à cette peur du rejet s’ajoute inconsciemment la crainte que l’enfant ne trouve pas, plus tard, sa place en tant qu’adulte. On met tellement d’enjeux dans l’école ! Dans une société où les diplômes sont si déterminants, tout parent regarde avec attention la courbe d’apprentissage avec appréhension : jusqu’où ira-t-il ? Voilà pourquoi, dès l’apparition du travail personnel, on devient le « mauvais flic »… malgré les meilleures intentions du monde.

Les parents se sentent jugés dans la façon dont se passe la scolarité de leur enfant

Impossible d’y échapper : la compétition scolaire est réelle. Dès l’entrée en sixième, les enfants apprennent à comparer leurs résultats à ceux des autres. Et quand ils rapportent une note moyenne à la maison, ils nous expliquent que Bidulle ou Untel ont, de toutes façons, obtenu moins. La présentation des relevés de notes sur le bureau numérique nous impose également la comparaison : nous avons la moyenne de la classe, la note la plus basse et la note la plus haute. Quand on voit écrit 19/20 à côté du 13/20 de notre enfant, on SAIT que c’était possible de faire mieux. Cette mesure de l’effort, en points, nous conduit sournoisement à entrer dans le jeu de la concurrence… et à redouter la défaite.

La réussite scolaire chiffrée trahit aussi un besoin du parent d’être reconnu et estimé comme un bon parent : on aime tous être fier de nos enfants, et parfois, comme on aime se reconnaître en eux (« elle a les yeux de papa! »), on se reconnait dans leur réussite. Parfois au contraire, on aime qu’ils réussissent là où nous on avait échoué. Pas de jugement : si on réagit comme cela, c’est qu’on est effectivement jugé dans notre parentalité, et ce depuis les premiers mois (les mamans diront depuis la grossesse!). Alors l’enfant DOIT réussir, sinon c’est le parent qui échoue.

Nos enfants portent donc une lourde responsabilité : réussir à l’école, c’est tout à la fois :

  • obtenir de bons résultats ;
  • être intégré ;
  • rendre fier ses parents.

Que c’est compliqué ! Et comme tout ceci n’importe que si l’enfant se sent bien, se sent progresser, prend plaisir à apprendre !

Réussir à l’école, c’est s’y épanouir…

… comme une fleur qui pousse, comme un arbre qui grandit. L’élève pour réussir a besoin de se sentir bien. Il lui faut de la confiance, de l’amour, et de l’envie. La vraie réussite scolaire ne peut avoir lieu sans ces facteurs psychologiques, et c’est là que nous, parents, nous avons un vrai et noble rôle à jouer. Plus nous aurons à coeur que notre enfant prenne plaisir à apprendre, soit fier de progresser et trouve du sens à ce qu’il fait, plus notre enfant réussira sa scolarité.

Comment aider notre enfant :

  • à apprendre avec joie ?
  • à se sentir motivé et confiant à l’école comme à la maison ?

Après le goûter … on renforce ce que Céline Alvarez appelle les « compétences exécutives » , ce qu’on appelle communément le « apprendre à apprendre« . Il s’agit de la méthodologie, des techniques de mémorisation, mais aussi du rapport de l’enfant au travail scolaire : pugnacité, détermination, courage …

Après le goûter, on intervient comme un pompier après une dure journée, comme un coach quand il y a une évaluation à préparer, comme un membre honoraire de la communauté des anciens élèves qui vient féliciter l’enfant pour les efforts accomplis.

C’est tout l’objet de ce blog. Internet regorge de conseils pour les parents de petits enfants. On a certes beaucoup progressé en matière de parentalité. Mais pour ce qui se passe à l’école, c’est plus complexe. Comme on n’y est pas, on croit qu’on n’y peut rien. Qu’il faut que l’enfant devienne miraculeusement autonome et solide pour affronter le collège et le lycée. Il y a pourtant un moment où nous, parents, pouvons agir concrètement : le moment des devoirs !

La réussite ne se chiffre pas. Elle n’attend pas non plus la fin des études pour être déterminée. On peut voir la réussite de notre enfant dans sa manière de vivre sa scolarité. Un élève qui réussit est un élève qui trouve du sens et du plaisir à apprendre, envisage l’avenir avec confiance, et vit sereinement sa vie d’ado.

Ce blog est le fruit d’une longue réflexion sur la question des devoirs, et je le souhaite aussi utile que possible pour vous accompagner, parents, dans votre rôle de parent d’élève. J’ai envie de partager ma connaissance du système « de l’intérieur » pour vous donner des clefs dans votre approche des devoirs. N’hésitez pas à partager mes articles et à me contacter pour m’exprimer vos besoins.

Comment encourager votre ado au moment des devoirs, sans laisser parler l’ancien élève qui est en vous ?

Vous voulez aider votre enfant à faire ses devoirs, mais vous vous sentez maladroit, ou vous avez l’impression de le stresser plus qu’autre chose. Et si c’était l’ancien élève qui est en vous qui s’exprimait dans ces moments-là ? Que l’on ait été bon ou mauvais élève, difficile de se défaire du passé quand on accompagne son enfant dans sa scolarité. Je vous propose quelques pistes pour ne pas transmettre vos peurs mais votre confiance à votre enfant.

Evitez les comparaisons avec votre enfant

La veille de la rentrée, vous avez revécu vos rentrées à vous. Que lève le doigt le parent qui a réussi à ne JAMAIS dire à son enfant : « moi quand j’étais à l’école… » ! Oh ce n’est pas bien grave, à condition de réfléchir à pourquoi on utilise son expérience d’élève quand on encourage nos enfants dans leur propre scolarité.

Parfois (souvent ?), les parents revivent leurs propres difficultés scolaires à travers leurs enfants. J’entends souvent un père ou une mère déclarer presque comme une sentence : « il est comme moi, je n’ai jamais aimé les maths », « elle tient ça de moi, l’histoire-géo ça ne m’a jamais intéressé.e ». Ces petites phrases anodines sont lourdes de conséquence : elles n’ont rien d’encourageant, et pire ! elles peuvent pousser l’élève à se conforter dans sa difficulté.

Parfois, on n’aime tout simplement pas se souvenir de notre angoisse de la page blanche, ou des identités remarquables qui nous ont bien embêtés quand c’était nous l’élève.

Alors même si ce n’est pas bien (bouh!), on n’y peut rien, quand nos enfants galèrent, on galère aussi. Ce qui est essentiel, c’est de se rappeler que notre enfant n’est pas nous, son expérience scolaire n’est pas la nôtre, et son parcours sera différent ! Gardons-nous de les enfermer dans le seul modèle que nous avons, le nôtre, et différencions dans notre attitude l’ancien élève du nouveau parent.

Plus l’enfant devient ado, moins il apprécie d’ailleurs ces commentaires sur votre scolarité. C’est bien connu, les maths, c’est différent maintenant ! « Tu ne peux pas comprendre! » Est-ce si vrai ?

Acceptez d’entendre : « Mais tu ne peux pas comprendre ! »

Les programmes changent si souvent qu’il est impossible de retrouver dans le cahier de votre collégien/lycéen la même chose que ce que vous avez étudié… dans la forme surtout, mais c’est vrai, dans le contenu aussi.

Il y a bien entendu des éléments immuables : en primaire, c’est plus simple, puisqu’on touche aux calculs élémentaires, à l’orthographe basique, etc. En règle générale, ces bases ne nous sont pas si étrangères, et c’est pourquoi on consacre bien 19h par mois à aider son enfant de primaire. Ce chiffre baisse à 14h/mois au collège, puis 5,9h/mois au lycée ! (l’étude la plus récente est et son analyse par le ministère ) Les chiffres le montrent : plus l’enfant grandit, et moins on peut comprendre…

Finalement, face à un exercice un peu retors de maths, ou une dissertation d’éco, votre ado s’énerve car il vous sent dépassé, et vous vous sentez dépassé par le changement ! En vous positionnant en ancien élève, vous ne pouvez pas comprendre, et vous ne pouvez pas aider ! Mais alors, comment faire ?

Adoptez une posture d’élève sans redevenir l’élève que vous étiez

Votre ado n’a pas besoin que vous lui apportiez la réponse (même si il ou elle insiste et quémande la solution, ne lâchez pas !). Ce dont votre enfant a besoin, c’est que vous lui montriez comment on trouve une solution.

Ainsi, pour aider votre enfant, sans non plus exagérer votre incompétence en la matière (on a une réputation à tenir n’est-ce pas?), accompagnez-le dans la démarche de compréhension : relisons ton cours, comparons avec le manuel, demandons à ton camarade ce qu’il a compris, cherchons sur le net une explication… Soyez le BON élève (l’âge vous a rendu meilleur, promis !) et encouragez votre enfant à trouver un moyen de sortir de sa difficulté. Parfois, le meilleur conseil peut être d’aller voir le prof à la fin du cours pour lui poser la question !

Mettez de côté votre expérience

C’est sans doute le plus difficile, mais cela reste important : vous avez besoin de prendre du recul sur votre expérience, et dépasser vos angoisses passées. Aiderez-vous votre enfant qui rentre au collège en lui parlant de Michel qui vous a embêté à la récré, ou de Mme Machin qui vous a traumatisé avec ses déclinaisons d’allemand ? Bien sûr que non. Vous avez eu vos difficultés, et votre enfant aura les siennes. C’est inévitable. Un enfant ne se baigne pas dans le même fleuve que ses parents.

En revanche, vous n’êtes plus l’élève, mais vous restez son papa ou sa maman : une île, une bouée, un refuge… un taxi, un centre de documentation, un médecin du travail, bref un super parent !

Valorisez l’expérience de votre enfant

Pour finir, j’insisterai sur la nécessité de valoriser l’expérience de votre enfant dans son parcours d’élève. Quand la difficulté, ou simplement le stress est là, n’oubliez pas de lui rappeler toutes les étapes franchies, toutes les réussites. Vous êtes sa mémoire : il a peur de rentrer en 3e, rappelez-lui comme il avait peur au CP, et comme cette peur a été surmontée.

Ce rôle du parent commence enfin à être rappelé : il existe même des kits de messages encourageants à coller sur les affaires pour dire et répéter que ça va aller, que c’est votre champion.ne, etc. (Vous pouvez les trouver )

Plus simplement, j’ai adopté les post-it, que les mamans américaines utilisent pour agrémenter le repas à emporter de leur bambin et leur souhaiter une bonne journée. Essayez ! un post-it dans l’agenda, sur le bureau, sur le frigo … Ca fait du bien, et plutôt que de transmettre ses peurs (toutes naturelles, on veut tellement le meilleur pour eux !), on transmet sa confiance en notre enfant.

Cet article vous a plu ? Aidez-moi à diffuser les bonnes ondes et partagez ! À bientôt 👋 Emilie.

Crédit image : Photo by JESHOOTS.COM on Unsplash

La fatigue du lycéen

Chaque lycéen que j’accompagne se plaint de sa fatigue. Écoutons cette fatigue, et aidons-le à mieux gérer son temps…en lui posant les bonnes questions.

« Tu as vu l’heure à laquelle tu te couches ! »

C’est sûr, quand l’ado se couche à des heures indues et traîne des pieds au moment de se lever, on a bien envie de revenir quelques années en arrière, quand on décidait encore de l’heure de coucher, qu’on éteignait la lumière et qu’on s’assurait de ses ronflements à 21h… Mais l’ado est souvent un oiseau de nuit, capable de vivre en tel décalage que la journée, c’est le jetlag !

Il y a cependant une question importante à lui poser : combien d’heures de sommeil te sont nécessaires pour te sentir bien ? À lui de calculer et de réfléchir à une heure de coucher plus adaptée à ses besoins. A savoir, un adolescent s’endort en moyenne 2 heures plus tard qu’un enfant, mais il a encore besoin de 8,5 à 9,5 heures de sommeil (source https://www.college-de-france.fr/media/stanislas-dehaene/UPL1489204065771701647_CDF_13nov2014_Strauss.pdf)

Parents, vous le savez bien : on n’impose rien à un ado, on s’arrange, on le convainc. L’heure du coucher doit donc être négociée, de façon à ce que l’adolescent se sente maître de son temps, de son corps aussi. L’inviter à réfléchir à ses besoins, et lui laisser le temps d’y réfléchir, lui permettra de modifier son rapport à la montre : être décisionnaire est un besoin psychologique basique pour le futur adulte.

« Pourquoi tu te couches aussi tard ? »

Mais il y a tellement de bonnes raisons de se coucher tard ! Netflix, YouTube en font partie… Attention à ne pas céder aux écrans dans la chambre : le plus simple reste d’éviter le conflit, en posant des règles claires. Les adolescents restent des enfants, ils ont besoin d’un cadre. Aussi agaçant soit-il, le cadre rassure. Les familles dans lesquelles le problème des vidéos en pleine nuit ne se pose pas sont les familles où les téléphones sont consignés avant l’heure du coucher.

Il existe aussi des solutions « externes », comme le contrôle parental. La gestion de la durée de connexion est offerte par certains opérateurs : quand le signal wifi n’émet plus au bout d’un temps de connexion limité, ce n’est plus vous qui confisquez le wifi, c’est votre adolescent lui-même qui se confronte à la limite. Plusieurs possibilités de contrôle parental s’offrent à vous, et ce qui est intéressant, c’est d’inviter votre enfant à décider des modalités de ce contrôle avec vous : à quelle heure faut-il stopper les écrans d’après toi ?

« C’est pour ton bien que je te dis ça ! »

Cette phrase-là … un.e ado n’aime pas ! Faut-il l’en blâmer ? Quand on m’impose de ne pas manger de chocolat « pour mon bien », je n’ai qu’une seule envie : finir la tablette !

Pourtant, le sommeil est indispensable, et il doit être de qualité. Nous, parents, éducateurs, nous le savons : mais les jeunes n’en ont pas forcément conscience.

Posez donc la question à un.e adolescent : pourquoi est-il important de dormir ? Nul doute qu’il ou elle vous répondra : « pour se reposer, pour être en forme ».

Vous pourrez alors lui expliquer que pendant notre sommeil :

  • les muscles se détendent,
  • on brûle des calories ! surtout quand on fait du sport régulièrement, car les muscles continuent de brûler de la graisse alors même qu’on dort !
  • on trie les informations accumulées au long de la journée : on ne garde que l’essentiel, on oublie ce qui n’est pas indispensable (on fait de la place dans sa mémoire !)
  • on augmente donc ses capacités de mémorisation et de compréhension
  • on augmente ses capacités d’attention et de concentration
  • on limite le risques de maladie, et notamment de troubles psychologiques.

Les lycéens sont fatigués.

C’est une réalité. Et leur fatigue influe directement sur leur moral, et sur leurs résultats. Les cours qui commencent à 8 heures du matin sont un véritable non-sens pour eux. Quelle solution alors ? Pour les parents, pas d’autre choix que de les laisser se reposer le week-end, et de veiller à un rythme de vie sain. Une activité physique régulière, un apport en vitamines et magnesium : si votre ado est fatigué.e, il serait intéressant de consulter un médecin pour que celui-ci conseille à votre place votre enfant. On a parfois besoin d’une médiation pour que les bons conseils soient entendus !

Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à le partager !

Photo by Doğukan Şahinon Unsplash

Les mauvaises résolutions du bon élève

En janvier, à la rentrée, après le premier semestre, trimestre, ou le mauvais bulletin, ça y est, c’est décidé, « oui promis Papa Maman je vais m’y mettre sérieusement ». Les bonnes résolutions intenables sont lancées, et elles risquent surtout de décourager. Je vous explique pourquoi.

Mauvaise résolution 1 : Je vais viser 15/20 de moyenne !

L’idée semble séduisante, et pourtant… Si le point de départ est 8/20, le 15/20 est bien loin ! Il n’est pas efficace sur le long terme de se fixer des objectifs trop élevés : la technique des petits pas est bien plus efficace. On garde bien sûr en ligne de mire le 15 (voire plus d’ailleurs!), mais on concentre son attention sur une première étape plus proche, plus facile à atteindre : le prochain devoir, le prochain mois, et on répète à chaque fois.

Imaginez que vous soyez face à un énorme gâteau à manger : vous en avez envie, vous avez l’appétit. Mais si vous avalez le gâteau en entier, vous allez vous étouffer ! C’est la même chose avec l’effort scolaire -ou non scolaire- : on fractionne les objectifs pour rendre le tout plus digeste. Et à la fin, une part de gâteau à la fois, on a tout mangé et on s’est régalé !

Mauvaise résolution 2 : Je vais travailler tous les jours pendant 3 heures !

Encore une belle idée sur le papier, mais c’est oublier … l’endurance, et l’entraînement nécessaires ! C’est un peu comme un régime, la cigarette, ou toute autre addiction : « demain, j’arrête », oui, oui… mais après-demain je reprends !

Le travail personnel est une question de routine : les habitudes mettent au moins 21 jours à s’ancrer, et les bonnes habitudes viennent remplacer de mauvais habitudes, elles ne s’ajoutent pas.

Quelques astuces pour tenir dans la durée :

  • se fixer des challenges progressifs : 1 semaine de révisions tous les soirs, puis 2 semaines, puis 3 semaines … et à chaque challenge relevé, se récompenser ! Ce peut être décidé en famille : une soirée cinéma avec pop corn, un copain à inviter, un cadeau, pourquoi pas ?
  • se faire un planning de révisions : ajouter à l’emploi du temps scolaire, l’emploi du temps « périscolaire ». Il est important, pour relever le défi, de se fixer les objectifs soi-même, et de choisir un maximum la façon d’atteindre ces objectifs.
  • s’auto-motiver : la motivation se nourrit de compliments, d’encouragements et de félicitations ! Alors autant être son propre coach, et se répéter des mantras positifs dans lesquels on se cajole et on se booste. Par exemple : « je m’aime, je peux y arriver et je mérite de réussir! »
  • mieux se connaître : identifier le moments où je ne travaille pas, où je fais autre chose et observer : qu’est-ce qui m’empêche de travailler ? qu’est-ce qui me distrait ? A partir de ce constat honnête, prendre alors des décisions éclairées : mettre le téléphone sur mode avion, éteindre la télé, fermer la porte de la cuisine pour ne pas entendre le reste de la maison, éloigner tout ce qui capte mon attention et m’empêche de me concentrer.

Je pourrais ajouter des conseils de base : bien dormir, bien manger, faire de l’exercice et s’amuser… mais ceux-là sont valables toute l’année !

Mauvaise résolution 3 : J’arrête de m’amuser et je travaille !

Ouh la … comme elle est belle cette résolution intenable ! Dans le même ordre d’idées, nous avons : j’arrête de bavarder en classe, j’arrête de passer du temps sur les réseaux sociaux, j’arrête de me mêler des histoires de mes copains/copines de classe, etc.

Pourquoi ça ne marche pas ? Parce que ce sont des injonctions négatives. A chaque fois, il s’agit de « ne plus faire », et puis c’est tout ! Or, pour progresser, nous avons besoin d’objectifs positifs, et de remplacer ce qui ne fonctionne pas par quelque chose qui fonctionne.

Alors au lieu de se punir, de s’interdire des comportements ou des actions, il vaut mieux s’autoriser à mieux faire ! Je m’amuse QUAND j’ai fini mes devoirs, je sors QUAND j’ai révisé mes leçons, je regarde mon compte Instagram QUAND j’ai préparé mon évaluation.

Et pour ce qui est des bavardages, une solution simple consiste à mettre une croix dans le calendrier les jours où on n’a pas bavardé : très vite, on va vouloir voir des croix partout. Et pourquoi pas déterminer une récompense au bout de 5, 10, ou 20 croix ?

Pour finir, je vous partage une petite fiche qui récapitule le cercle vertueux de la réussite ! Bon courage à tous et restez motivés !

Le cercle vertueux de la motivation

Comment aider son ado à trouver sa voie ?

On demande aux adolescents de choisir leur orientation en fonction de leurs résultats scolaires : mais les résultats scolaires ne disent pas leur personnalité !

La question de l’orientation est primordiale dans la scolarité, et influe énormément sur la motivation. Malheureusement, quand on parle d’orientation, on parle bien souvent de résultats scolaires et d’études sans jamais parler de valeurs. Pourtant, et nous adultes le savons bien, ce qui compte dans un métier, c’est de se sentir bien avec les valeurs qui y sont liées.

J’ai lu un livre qui a révolutionné ma perspective – et qui m’a d’ailleurs beaucoup aidée dans mon projet de reconversion professionnelle. Ce livre, je l’ai trouvé par hasard dans la boutique du musée du design de Londres, et je le recommande toujours aux adultes qui traversent une « crise professionnelle » : A job to love du collectif The school of life.

J’ai extrait de cette lecture une série de questions qui se destinent très bien aux adolescents qui ne savent pas trop comment aborder leur orientation. On leur parle études, notes, écoles, filière … mais ils ne parviennent pas du tout à se projeter dans des décisions concrètes.

Ce qu’on aime vraiment dans un métier, ce n’est pas le métier en soi, mais une série de qualités qu’on y a identifées. (…) En réalité, ces qualités ne sont pas propres à CE métier. Elles sont forcément générales et on peut les retrouver sous une autre forme, moins évidentes, dans un autre métier, une fois qu’on sait les retrouver.

Extrait de A Job to love, du collectif The School of Life.

Ce questionnaire que je vous partage a pour but d’aider votre enfant à se poser d’autres questions, et vous invite à discuter avec lui du PLAISIR D’UN METIER.
Le but est de ne pas partir des métiers possibles pour réfléchir à son orientation, mais de ses valeurs, goûts et plaisirs pour ouvrir un panorama de types de métiers (et types de vies !).

J’espère que cet outil vous aidera à aborder autrement la question du « qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? » . Il est à télécharger ci-dessous, en version complète (deux pages – mode d’emploi en bas de la deuxième page).


Le mauvais bulletin de notes

Le trimestre est terminé, vous recevez dans votre boîte aux lettres le fameux bulletin scolaire. Et là… c’est le drame, en maths, en physique ou en histoire-géo ? Comment réagir ? Que dire à votre enfant ? Faut-il se fâcher ? punir ? laisser couler ? Je vous donne quelques pistes pour mieux comprendre ce bulletin.

Les notes ne disent pas les efforts

En primaire, vous étiez habitués aux bulletins par compétences. Dans le secondaire, l’utilisation des notes est la norme. Le compte-rendu du travail manque de mots, il est plein de chiffres, à en donner le tournis.

Cependant, dès qu’on se penche un peu sur le sujet, on est en droit de se demander :

  • à partir de combien la note est-elle bonne ou mauvaise?
  • que faire de la moyenne de classe ?
  • les notes sont-elles si justes ?
  • si les notes sont basses, n’est-ce pas parce que le professeur est plus exigeant ?

Il faut donc se méfier des moyennes ! Je vous conseille de reprendre avec votre enfant le relevé de notes, qui sera bien plus éclairant, et d’identifier avec lui le type d’exercices sur lesquels il a rencontré plus de difficultés.

Attention, quand il s’agit des années charnières, où les notes indiquent la probabilité de réussite aux examens finaux (brevet, orientation post-bac, bac…), il est important de dédramatiser sans se mentir. Il est tenace le mythe de l’élève qui a de mauvaises moyennes dans l’année et un miraculeux 14 le jour du bac ! La reforme du bac sonne d’ailleurs le glas de cette légende urbaine.

D’abord, la mauvaise note est à prendre comme un avertissement, parfois de travail, souvent de méthode. La mauvaise note est donc l’occasion de réfléchir aux stratégies que votre enfant avait mises en place.

Les bonnes questions à poser :

  • Es-tu surpris de cette note ?
  • Comment t’étais-tu organisé.e ?
  • Que faut-il changer d’après toi ?

Dans tous les cas, essayez de conduire votre enfant à prendre des décisions lui-même. Ce sera bien plus efficace que de lui dire ce qu’il faut faire.

Les commentaires sont les meilleurs indicateurs de réussite

La plupart du temps, les professeurs mettent un commentaire assez peu développé pour vous aider à lire la note. Ce qu’il faut savoir, c’est que les professeurs ont toujours à peu près les mêmes mots pour parler des résultats de votre enfant. A nous parents de « déchiffrer » ! Voici quelques exemples de traduction !

  • Des résultats honorables = votre enfant a fait des efforts qui ont été remarqués ;
  • Peut mieux faire = votre enfant n’a pas mis en oeuvre tous les conseils qui ont été donnés ;
  • Des bavardages = quand il est fait mention des bavardages sur le bulletin, c’est que l’attitude de votre enfant l’a empêché de bien travailler (voire a dérangé les autres !) ;
  • Des lacunes … = votre enfant a besoin de revoir certaines bases. Ne restez pas avec ce maigre diagnostic ! Un rendez-vous avec l’enseignant s’impose.

La présence de quelques mots doit vous alarmer : manque d’assurance, décrochage, chute des résultats, problème d’attitude. Dans tous les cas, quand le commentaire ne vous semble pas éclairant, un petit mail à l’enseignant pour lui demander plus de détails pourra aider à mieux faire au prochain trimestre.

Là où le parent peut intervenir

Si on ne peut pas s’empêcher de marquer sa contrariété en tant que parent, il est important de rappeler à notre enfant qu’on est là pour lui. Bien sûr, les parents ne peuvent pas toujours aider sur le contenu : mais il y a d’autres moyens d’aider son enfant !

On peut aider son enfant en améliorant ses conditions de travail . Par exemple, si votre enfant n’est pas parvenu à travailler assez, on peut discuter d’un nouvel emploi du temps, de travailler à la médiathèque, au salon mais sans la télévision…

On peut aider son enfant en améliorant ses méthodes de travail : il n’y a pas de méthodes miracles, mais il y a des choses à tenter. Par exemple, on peut se proposer de l’aider à réviser. Pour cela, l’adulte a besoin de réfléchir à sa posture.

On aide surtout son enfant en lui accordant notre confiance : c’est important pour lui de savoir que vous croyez en lui . Cela ne signifie pas « laisser faire », ni exiger de meilleures notes : ce serait vain. Si le bulletin n’est pas bon, c’est que le chemin pris n’est pas celui à suivre. Vivons les difficultés comme autant de défis à relever. Ensemble.

Les parents d’élèves ont le droit de demander du soutien. C’est mon rôle. Je suis enseignante, spécialisée dans le secondaire. Je peux vous aider.

Un calendrier de l’Avent bienveillant

Pourquoi pas cette année, au lieu (ou en plus) des chocolats, glisser des petits mots à votre enfant dans son calendrier de l’Avent ?

Voici ce que j’ai choisi de faire pour mes garçons. Ce n’est qu’un exemple ! Mais l’idée est facile à mettre en place, et peut plaire même aux plus grands !

Un calendrier de l’Avent diy pour mes enfants

Voici quelques idées de petits mots pour vos ados :

  • Je suis fier d’être ton papa
  • Tu m’étonnes chaque jour
  • Tu grandis tellement bien !
  • La vie sans toi, ce ne serait pas aussi bien
  • J’ai confiance en toi

Vous pouvez aussi jouer à placer des privilèges à la place des mots doux. Bien sûr, les privilèges sont à adapter à l’âge de votre enfant, mais le plus amusant, c’est de surprendre votre ado ! Voici quelques idées :

  • Bon pour un massage des pieds
  • Bon pour un film en famille
  • Bon pour un jeu vidéo parent vs enfant
  • Bon pour préparer le dîner
  • Bon pour commander une pizza

Vous l’avez compris, une feuille, un stylo, de l’imagination, une bonne dose d’humour et surtout beaucoup d’amour, et voilà le calendrier de l’Avent bienveillant prêt à rendre ce prochain mois plus tendre et motivant !

En cadeau, le fichier prêt à imprimer et à compléter avec vos bonnes idées !

Une mémoire de poisson rouge ?

Les élèves se plaignent souvent de ne pas retenir leurs leçons … Il n’est jamais inutile de leur rappeler comment fonctionne la mémoire !

Lire le cours ne suffit pas …

Même si bien sûr, certains jeunes se rassurent en se disant qu’ils ont une excellente mémoire visuelle, la simple lecture du cours ne suffira pas. Mais s’ils veulent augmenter un peu leurs chances de retenir en lisant simplement … pourquoi ne pas lire le cours à voix haute ?

Ecouter le cours ne suffit pas …

Nous ne parlerons du fol espoir des élèves de se contenter d’assister au cours et de boire les paroles de l’enseignant pour mémoriser la leçon … Pratiquement 80% de ce qui est entendu sera vite oublié ! Mais si on veut booster sa mémoire auditive … pourquoi ne pas s’enregistrer lire le cours sur son téléphone et le réécouter dans le bus, dans son lit, ou en dessinant ?

Regarder des capsules, une exposition virtuelle, c’est déjà mieux !

En écoutant et regardant attentivement une vidéo explicative sur le même thème que celui du cours, on augmente bien ses chances de retenir. Attention toutefois à bien chercher à comprendre ce qui est dit ! Pour rendre cette stratégie encore plus efficace, pourquoi ne pas prendre des notes et comparer ensuite avec le cours ?

Expliquer à voix haute, ça c’est mieux !

Secret de prof : il y a bien des choses que j’ai apprises … en les enseignant ! Eh oui, « faire le prof » est encore le meilleur moyen de retenir sa leçon. Et pas que ! Faire le prof permet de vérifier sa compréhension, travailler la reformulation, organiser ses connaissances ! Allez, on inverse les rôles !

Dire et faire : la recette magique !

En anglais, on dit « learning by doing » : réaliser une expérience, créer une exposition, faire un exposé, c’est bien LE moyen de bien retenir ce qu’on a à apprendre. En réalité, l’action programmée permet de mobiliser toutes les stratégies de mémorisation. Et en plus, cela redonne du sens et donc de la motivation ! Si le professeur n’y a pas pensé, cela vaut le coup de lui proposer de présenter un exposé ! Il existe aussi des idées d’expériences ou de créations inventives sur le net quand on manque un peu d’idées. Souvent, c’est autour de cette activité que les parents et les enfants peuvent passer un bon moment à s’intéresser ensemble à un sujet passionnant !

J’apprends, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie … en m’amusant !